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Indigènes de Rachid Bouchareb
Avec : Djamel Debouze, Sami Bouajila, Roschdy Zem, Samy Naceri, Bernard Blancan

Frères d’armes

Attendu au tournant Rachid Bouchareb. Le cinéaste sait que dans un contexte tendu, miné par le débat sur les bienfaits de la colonisation, la sortie d’un film comme Indigènes ne passera pas inaperçue. Ce n’est pourtant pas un esprit de revanche qui anime le film mais celui plus poignant d’un désir d’une mémoire qu’il faut construire et se réapproprier.

L’Histoire s’écrit au plus fort de la seconde guerre mondiale. L’armée française enrôle à tour de bras des volontaires venus des colonies. La plupart n’ont jamais vu la mère Patrie mais se sentent un destin commun. Ils participent donc à de violents combats lors du débarquement allié en Italie puis prennent part à la libération de la France malgré des inégalités de traitement flagrantes.

Personne ne conteste aujourd’hui l’injustice dont furent victimes ces soldats. Sous équipés, moins bien armés, ils ne bénéficiaient d’aucune permission alors qu’ils accomplissaient souvent des missions très périlleuses comme l’assaut d’une position allemande nichée au sommet d’une colline en Italie. Les soldats progressent sous le feu des balles ennemies dans le seul but de dévoiler l’artillerie adverse qui sera ensuite mise en pièces.

D’une manière générale, le commandement militaire ne semble jamais se rendre compte de la bravoure de ces hommes alors que la plupart des habitants des zones libérées saluent leur courage comme Yvonne qui accueille dans ses bras Messaoud. Les hommes s’en remettent au sergent chef Martinez, un pied noir pas toujours mieux apprécié de la hiérarchie mais qui sait, l’expérience du champs de bataille aidant, reconnaître le sens du sacrifice de ces soldats.

Il culmine dans la séquence de l’assaut final où les héros tentent de tenir un petit village d’Alsace malgré la contre attaque de troupes allemandes plus nombreuses., scène formidable qui n’a rien à envier au cinéma américain pour son sens du spectaculaire. Mais Rachid Bouchareb vise autre chose, donner aux jeunes issus de l’immigration une mémoire en évoquant le sacrifice de leurs grands parents. Voyez ce vieil homme, solitaire qui se recueille dans un cimetière miliaire. Vous ne le regarderez plus du même œil et c’est indéniablement la plus belle victoire du film.
J.H.D. 

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