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Les Anges exterminateurs de Jean-Claude Brisseau
Avec : Frédéric Van Den Driessche, Maroussia Dubreuil, Lise Bellynck

Il y a beaucoup à écrire sur le dernier film de Jean-Claude Brisseau, notamment parce que ces Anges exterminateurs forment un curieux diptyque avec le magnifique Choses Secrètes. Le film reprend ainsi un des thèmes du chef d’œuvre de Brisseau, la captation du plaisir féminin mais de manière plus directe. François un cinéaste tente d’en percer les secrets en montant un nouveau film, ce qui l’amène à auditionner de jeunes actrices. Elles doivent accepter de tourner des bouts de scènes érotiques devant la caméra du cinéaste. Si certaines s’offusquent, d’autres se prennent au jeun entraînant dans leur sillage un cinéaste piqué au vif et dont les certitudes vacillent…

Les anges exterminateurs jouent sur plusieurs tableaux. D’un côté, le film à la limite du documentaire décrit par un effet de miroir délibéré la démarche de Jean-Claude Brisseau, la quête de François vers la compréhension du plaisir féminin rejoignant parfaitement les motivations du cinéaste. A son producteur ou à sa femme qui le mettent en garde, François répond qu’il ne peut filmer que ce qu’il connaît, d’où une succession de scènes sensuelles où les corps magnifiés par les angles de vues et les jeux de lumières se dévoilent dans retenue dans un esprit proche de l’extase. Loin des clichés des films pornographiques, Jean-Claude Brisseau montre des corps en mouvement, portés par le désir et le plaisir qu’ils se communiquent.

Mais que voit-on exactement ? Le film s’amuse à mettre en scène le voyeurisme du spectateur. Après tout, François ne filme peut être que ses propres fantasmes et ces actrices simulent peut être pour le convaincre de leur donner le rôle. Jean-Claude Brisseau renoue avec un univers de faux-semblants à l’image de la scène inaugurale de Choses Secrètes, celle la danse hypnotique de Coralie Seyvecou. S’y ajoutent des éléments surnaturels comme le fantôme de la grand-mère et bien sûr l’apparition des deux anges qui veillent sur le cinéaste.

Il aura bien besoin de leur secours, menacé par celles qu’il a éconduites. Sans pudeur, Jean-Claude Brisseau évoque ses propres démêlés judiciaires récents avec de jeunes actrices, procédé déloyal puisque les personnes concernées ne peuvent pas vraiment se défendre. Dans ce contexte, la naïveté de François passe difficilement à l’écran. Il finit le tournage de son film brisé mais à l’instar de Brisseau entend bien garder la totale liberté artistique dont ces Anges exterminateurs se font l’écho.
J.H.D. 

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