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Le Direktør de Lars von Trier
Avec : Jens Albinus, Peter Gantzler, Fridrik Thor Fridriksson, Benedikt Erlingsson, Iben Hjejle, Henrick Prip, Mia Lyhne

L'Horreur économique

Entre islandais et danois, tout est affaire de sentimentalisme. Devant l’insistance d’un homme d’affaire islandais, Ravn ne trouve pas le courage de revendre sa société informatique à son seul bénéfice et donc aux dépens de ses employés. Ils lui ont permis de lancer l’affaire, il s’apprête à les spolier sans le moindre scrupule. Trop sentimental ou tout simplement odieux, il engage un acteur raté, Kristoffer pour jouer le rôle du patron de la boîte. A lui d’honorer la promesse de vente avec l’irascible patron islandais et d’assumer la décision devant les autres salariés.

Entre deux épisodes de sa trilogie américaine, Lars von Trier s’offre une récréation inattendue et stimulante. De retour dans son pays natal, il signe une farce cruelle sur le monde de l’entreprise et in fine sur la morale du capitalisme. Au passage, il utilise un nouveau procédé Automatovision qui lui permet de choisir aléatoirement des angles de vues et qui donne surtout à l’arrivée l’impression de suivre le film à travers l’objectif d’une caméra de surveillance.

Lars von Trier n’a pas renoncé à cette misanthropie qui caractérise son oeuvre. Il déteste évidemment les employés de Ravn, trop dociles, trop crédules, trop faibles pour se révolter. Mais il rejette encore plus le personnage du patron, menteur, voleur et lâche, obligé de composer avec Kristoffer. Il ne lui a d’ailleurs pas tout dit, notamment pour le mari de Mette ou la déclaration à Heidi, d’où une foule de quiproquos hilarants.

Mais sous ses dehors de simple comédie, le cinéaste aborde des sujets difficile, harcèlement sexuel ou moral sur des gens que l’on brise ou humilie (Mette), employés objets que l’on peut délocaliser. Le terme exact et purement hypocrite est off-shoring comme se plaît à le rappeler Kristoffer qui apprend vite le métier. Autant d’artifices dont se moquent le patron islandais colérique et son curieux interprète. Dans ces scènes de négociations au couteau se dit plus que la critique d’un modèle économique mais également une évocation des rapports conflictuels entre le Danemark et son voisin islandais, autre ligne de fuite d’une comédie drôle et intrigante avec laquelle, Lars von Trier surprend agréablement.
J.H.D. 

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