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Le Film Décrypté : Le Jardin des Finzi Contini de Vittorio da Sica
Avec : Dominique Sanda, Fabio Testi, Romolo Valli, Helmut Berger

Premier amour, éternel amour

Italie 1938. Les premières mesures vexatoires frappent les juifs de la péninsule. A Ferrare, ville moyenne du nord du pays au passé prestigieux, les riches Finzi Contini accueillent la jeunesse de la petit bourgeoisie, juifs comme non juifs. Girogio retrouve alors le jardin de son amie d’enfance, Micol, la fille des Finzi Contini dont il est amoureux depuis son plus jeune âge. Mais pourra t il lui avouer ses sentiments alors qu’à l’extérieur, la situation empire de jour en jour ?

C’est étrangement Vittorio da Sica qui adapte le roman de Giorgio Bassani d’après un scénario de Valerio Zurlini. Au début des années 70, le père du néo-réalisme italien n’est plus que l’ombre de lui-même. Ce mélodrame bouleversant lui donnera pourtant l’occasion de briller de nouveau. L’auteur du Voleur de bicyclette puise dans ses souvenirs personnels pour raconter l’époque fasciste et la mise en place progressive des lois raciales.

Mais le drame de l’antisémitisme se double ici d’une terrible déception amoureuse puisque Micol se refuse à Giorgio. Malgré les jeux, les sourires à la synagogue, une frontière invisible maintient le jeune homme à distance. Piliers de l’aristocratie de Ferrare, les Finzi Contini habitent un palais isolé et ne se mêlent pas aux autres membres de la communauté juive. Une scène terrible d’ironie au début du film figure à quel point ils ne sont guères appréciés des autres familles juives. Le père de Giorgio ne supporte pas leur arrogance, leur refus du fascisme. En toile de fond, Vittorio da Sica décrit une communauté juive morcelée mais aussi pleinement intégrée à la société italienne. Les prières de Pâques se récitent en italien alors que les Finzi Contini accueillent tout le monde sur leurs terrains de tennis.

Tout ceci sera hélas insuffisant et le récit implacable n’épargnera personne. La maladie, la guerre, le racisme auront raison de ces jeunes gens. Vittorio da Sica conduit son récit tout en retenue même si le drame paraît inévitable. Le père de Girogio renoue malgré tout avec ses vieux amis mais en vain. Il ne restera bientôt plus rien de la splendeur des Finzi Contini, tout juste le souvenir d’un amour qui ne meurt jamais.
J.H.D. 

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