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Jindabyne de Ray Lawrence
Avec : Gabriel Byrne, Laura Linney, Deborra Lee Furness, John Howard

Et au milieu coule une rivière

De l’ancienne ville submergée par les eaux ne reste plus rien, si ce n’est quelques légendes et autres vestiges remontés à la surface par quelques pêcheurs. La vallée de Jindabyne a disparue engloutie par les travaux de construction d’un barrage. Les rares survivants se souviennent encore, les autres trop accaparés par une vie difficile ont oublié. Stewart tient le petit garage du coin et comme chaque année, il part avec trois amis Rocco, Carl et Billy en randonnée le temps d’un long week-end de pêche. Mais à leur arrivée, ils découvrent que leur sanctuaire a été profané : le cadavre d’une jeune aborigène flotte au milieu de la rivière. Mais Stewart et ses amis préfèrent ignorer cette découverte et continuer leur partie de pêche au lieu d’avertir immédiatement les autorités…

A partir de là, tout s’enchaîne très vite. Comme dans Lantana, Ray Lawrence se joue de l’intrigue policière. Sa mise en scène travaille avant tout les personnages et leurs errements. Chacun de ces hommes vit une situation compliquée : Stewart se remet difficilement de la naissance de son fils (sa femme l’avait quittée avant de revenir), Carl doit élever sa petite fille après la mort de sa propre fille, Rocco vit une relation tumultueuse avec l’institutrice du village et Billy instable parcourt l’Australie à bord d’un mobile home.

La partie de pêche atténue ces désillusions avant de les exposer au grand jour. Les quatre hommes deviennent suspects, passent pour des assassins. Leur comportement suscite également la colère des aborigènes sur fond de tensions raciales. L’enquête piétine, ce qui n’améliore pas le climat délétère. Un barbecue dégénère, les mots puis les coups fusent. En quelques plans, un couple, des amitiés se défont. Ray Lawrence ne force pas le trait, le jeu des acteurs prolongeant habilement le réalisme tendu du film en accord avec les paysages rugueux et inhabités.

Au loin, la nature apaisante s’étend sans limite. Lacs, rivières, déserts, montagnes, la multiplication des lieux suggère la taille infime de ces individus confrontés à un crime qui les dépasse. Quelque part dans la montagne, entre le charme bucolique d’une partie de pêche et la sauvagerie des hommes, s’est joué un véritable drame humain auquel la mise en scène donne toute sa résonance. Au loin, l’assassin rôde toujours. Complice de la caméra, il observe ces hommes trop égoïstes pour jouer les héros de ce monde oublié.
J.H.D. 

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