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Naissance des pieuvres de Céline Sciamma
Avec : Pauline Acquart, Adèle Haenel, Louise Blachère, Warren Jacquin

Douches froides

A la piscine, il y a ceux qui nagent et ceux qui regardent. Marie, quinze ans, un corps d’enfant, assiste à une démonstration de natation synchronisée. Elle tombe sous le charme de Floriane, la meneuse du ballet mais ne sait pas comment lui avouer ses sentiments. Délaissant son amie Anne, une adolescente un peu boulotte, amoureuse q’un nageur qui l’ignore superbement, Marie tente de se rapprocher de Floriane. Elle s’inscrit au même club de natation et même parvient à gagner sa confiance. Mais ce qu’elle découvre par la suite lui brise le cœur…

Les héroïnes de Céline Sciamma vivent chacune un drame intime. Car la découverte de l’amour et du désir s’accompagne des premières désillusions et frustrations. Floriane ignore les regards de Marie, Anne attend désespéramment le déclic, à savoir qu’un homme s’intéresse enfin à elle. Naissance des pieuvres énonce ainsi quelques vérités sur l’âge ingrat, la solitude, la souffrance. Ces adolescentes se dévalorisent (Quand on demande son niveau de natation à Marie, elle assène un cinglant nul) et n’aiment pas leur corps qui se métamorphose progressivement.

La jeune cinéaste évite pourtant de basculer dans une atmosphère trop glauque. Au contraire, Naissance des pieuvres atteint une certaine justesse de par sa forme extrêmement maîtrisée jusque dans les moindres détails : décors, chorégraphies, direction des jeunes acteurs. Céline Sciamma sait ce qu’elle veut et surtout ce qu’elle ne veut pas : personnages d’adultes moralisateurs, garçons trop encombrants. Tout se passe entre filles, toute la frustration se lit sur les visages et se ressent par la musique électronique élégiaque de Para One.

Les vestiaires tiennent un rôle important dans ce petit monde clos : lieu d’observation, lieu d’étreinte avec les douches, lieu de révélation notamment dans cette scène superbe où Anne ose pénétrer le vestiaire des nageurs pour offrir un collier à celui qu’elle désire. Dans la confusion des regards et des sentiments, Céline Sciamma signe un premier film d’une rare intelligence.

J.H.D. 

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