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La Chambre des Officiers de François Dupeyron
Avec : Eric Caravaca, André Dussolier, Sabine Azéma, Denis Podalydès, Isabelle Renauld, Géraldine Pailhas
Dans les premières séquences du film, le spectateur assiste à la rencontre entre Adrien et la jolie Clémence. Brève aventure d’un soir avant l’éclipse totale. Défiguré dès les premières heures de la grande guerre, le jeune lieutenant doit réapprendre à vivre dans la Chambre des Officiers, en compagnie d’autres militaires atrocement mutilés. Avec l’aide d’un chirurgien et d’une infirmière totalement dévoués, ces « gueules cassées » tentent avec beaucoup de difficulté de surmonter leur handicap et d’accepter le regard des autres…

Voyage au bout de la nuit.

Des images de guerre, il n’y en a pratiquement pas dans la Chambre des Officiers. François Dupeyron se concentre sur la représentation d’une douleur d’abord physique puis mentale. Dans la première partie du film, il décrit le parcours d’un jeune homme, à jamais brisé mais qui choisit néanmoins de vivre pour exorciser ses craintes, celles de ne plus aimer et de ne plus pouvoir être aimé. C’est la partie la plus risquée du film, surtout que par sa mise en image, elle ne peut échapper à une comparaison avec Johny s’en va en guerre. Le réalisateur laisse le spectateur seul avec la conscience d’Adrien, à Eric Caravaca, dès lors, de combler le vide apparent à l’écran, sa blessure béante à même le visage (les images sont parfois très dures).

Rapidement, le réalisateur introduit de nouveaux protagonistes, histoire de faire partager une douleur insupportable. La grande réussite du film consiste alors à manier les figures imposées, inhérentes au genre (le suicide, la visite des parents…) tout en le renouvelant grâce à de grands scènes où percent une grande pudeur matinée de révolte (les prostituées, le métro). En outre, le film restitue habilement, l’atmosphère de ces années d’après guerre, le personnage du médecin incarné par André Dussolier semblant tout droit sorti d’un livre de Céline. Dommage alors, que François Dupeyron s’arrête en si bon chemin, évitant contrairement au livre de Marc Dugain, d’évoquer le second conflit mondial, une manière de démontrer l’horreur de ces sacrifice inutile.
J.H.D. 

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