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Storytelling de Todd Solondz
Avec : Selma Blair, John Goodman, Paul Giametti, Mark Webber, Julie Hagerty
Pour une fois que je vais pouvoir massacrer, détruire, atomiser un film, je ne vais pas me gêner ! Voilà, en dehors de trois idées et de la chanson de Belle & Sebastian, Storytelling est nul et totalement scandaleux !

Le film est constitué de deux histoires totalement indépendantes. Dans la première, une étudiante se dispute avec son copain handicapé. Elle se tourne vers son professeur de littérature, un noir américain viril qui l’humilie. Dans la seconde, un réalisateur raté convainc un adolescent de lui servir de modèle pour un documentaire sur la jeunesse américaine. Le spectateur assiste à la désintégration d’une cellule familiale américaine « typique ».

A la fin de la première partie, la jeune étudiante humiliée raconte son calvaire dans une nouvelle qu’elle lit en classe. Elle reçoit pour seule réponse de l’enseignant, cette cinglante réplique peut être la seule bonne du film : « quand vous l’écrivez, il ne s’agit plus que de fiction ! ». Malheureusement, le spectateur n’y croit pas. Sous prétexte de nous montrer la bassesse des hommes, Todd Solondz fait preuve d’une racisme à l’encontre des femmes, des handicapés et des noirs assez lamentable. On attend de la part d’un cinéaste comme Todd Solondz autre chose que cette représentation sitcomièsque de l’handicapé et cette imagerie réactionnaire avec « toutes ces petites blanches qui ne rêvent que de se faire sauter par le professeur ».

Rassurez vous la suite reste du même niveau. Il a bon dos l’antiaméricanisme de Todd Solondz ! Le spectateur apprend dans la seconde histoire que la famille américaine typique est juive (c’est bien lourdement et pernicieusement répété) mais que les noirs sont vraiment des êtres bien étranges (c’est pourtant ce que l’on retient du personnage de Consuelo et de son « gentil »fils condamné à mort pour viol et meurtre !). Le réalisateur rate tout, que ce soit l’évocation d’une Amérique qui se crée ses propres ennemis (pourtant une bonne idée) ou un plaidoyer contre la peine de mort qui finit par suggérer le contraire ! Il n’y a pas de WASP, pas d’argent, pas de rêve américain brisé dans ce film, uniquement la médiocrité d’un frustré qui rêve d’un autre système beaucoup moins inavouable, celui où la femme est soumise, le noir toujours un animal, l’handicapé un sous-homme à qui il faut le cacher, le juif la cause du mal. (Si vous ne me croyez pas, revoyez le film !)

A la fin de la seconde histoire, le jeune héros se rend compte que le réalisateur miteux lui a menti sur le contenu de son documentaire. Je ne saurais remercier Todd Solondz d’avoir eu la franchise de montrer, dans une mise en abîme saisissante (troisième bonne idée !) qu’il se foutait autant de la gueule des cinéphiles et autres spectateurs !
J.H.D. 

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