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Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyasaki
Avec : les voix de Rumi Hiiragi, Miyu Irino, Takeshi Naitou, Yasuko Sawaguchi
Jusqu’au bout des rêves.

Sur la route qui la mène à sa nouvelle maison, Chihiro se retrouve plongée bien malgré elle dans un univers inquiétant dans lequel ses parents ont été transformés en cochons. Pour les sauver, la jeune fille doit surmonter plusieurs épreuves et commencer par travailler dans un étrange bâtiment, la maison des esprits, régi par la sorcière Yubaba…

En version originale, le dernier film des studio Ghibli s’intitule « De Sen à Chihiro, mystérieusement disparue », un titre qui traduit bien la dualité des personnages du dernier film de Hayao Miyasaki. En effet, aussitôt engagée dans la maison des esprits, Chihiro se voit dépossédée de son nom. Elle découvrira plus tard que c’est par ce procédé que la sorcière maintient en son contrôle ses employés qui ne peuvent plus se rappeler ce qu’ils sont. Le réalisateur insiste ici sur notre incapacité à utiliser le langage qui nous conduit à donner aux mots des sens qu’ils n’ont pas. C’est l’une des plus belles idées d’un film qui ne traite que de dualité, de répétitions, en miroir des pulsions et peurs de l’enfance. Contrairement à presque tous les dessins animés, les personnages de Miyasaki restent à la fois bons et mauvais comme cette terrible sorcière, mère attentionnée d’un gigantesque bébé ou le petit garçon à la fois complice de Chihiro et âme damnée de Yubaba. Cette ambivalence ne s’arrête pas aux personnages mais elle touche aussi les paysages, dans lesquels réalité et rêve se confondent.

On retrouve dans Le Voyage de Chihiro beaucoup de résonances à l’œuvre de Miyasaki, traités comme toujours avec beaucoup de poésie.(l’image des parents transformés en cochons renvoie Porco Rosso tandis que l’évocation rappelle des films comme Nausicaa..) mais plus que dans n’importe quel autre film, le cinéaste s’amuse à recréer un univers fantasmagorique. Le travail d’animation est comme toujours irréprochable, une profusion de couleurs (voir Chihiro courir au milieu des fleurs, la chevauchée du dragon) et de trouvailles renforcée par le thème envoûtant de Joe Hisaishi. Un pur enchantement où la fantaisie le dispute à l’angoisse de l’inconnu, le rêve à la réalité de l’enfance.
J.H.D. 

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