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Ararat de Atom Egoyan
Avec : Charles Aznavour, Arsinée Khanjian, Eric Bogosian, Elais Koteas, David Alpay
L’horreur du passé, l’imparfait du présent.

Un vieux cinéaste désire monter un film sur le génocide arménien. Il sollicite l’aide d’une universitaire reconnue pour ses travaux sur Achille Gorsky, un célèbre peintre arménien hanté par les massacres. Au même moment, le fils de cette dernière qui s’interroge sur son père terroriste de la cause arménienne, revient sur les lieux de la tragédie mais se fait arrêter à la douane par un agent en conflit avec son fils homosexuel...

Le génocide arménien se distingue une tragique caractéristique, sa relative ancienneté. Il reste peu de surviviants et peu de témoignages rendent compte de l’horreur. Atom Egoyan ne choisit donc pas un sujet facile surtout qu’il évite la représentation classsique cinématographique d’un tel drame, la grande fresque historique. A ce titre, le réalisateur laisse la reconstituion au réalisateur incarné par Charles Aznavour. Le constat est accablant, les moyens plutôt dérisoires, l’ensemble un peu ridicule et quelque fois coupable. Le film atteint ici les limites de son système qui consiste avant tout à sonder des individus et à mesurer leur lien à la tragédie d’un peuple.

Ararat reste néanmoins un film très intelligent par les thèmes qu’il aborde. Le rapport à l’histoire tout d’abord avec cette jeune femme qui l’utilise contre sa mère pour l’accuser du meurtre de son père. Une autre scène joue plus subtilement avec cette réappropriation de l’histoire quand l’héroïne s’oppose au producteur sur la position géographique du mon Ararat dans le film. Quelle option retenir ? Le témoignage, la stricte vérité historique ou une exaltation patriotique de l’identité arménienne ? D’autres séquences viennent régulièrement intelligemment questioner le spectateur , celle du retour aux sources opérés par le jeune homme ou le face à face entre le réalisateur et son interprête turc. « Ce ne sont pas les morts qui font le plus mal, c’est de voir à quel point on peut nous haïr », explique Charles Aznavour. Plus que l’oubli.
J.H.D. 

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