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11'09''01 September 11 de Collectif
Avec : Samira Makhmalbaf, Claude Lelouch, Youssef Chahine, Danis Tanovic, Idrissa Ouedraogo, Ken Loach, Alejandro Gonzales Inarritu, Amos Gitaï, Mira Nair, Sean Penn, Shohei Imamura
11’09’’’01 September 11 réunit 11 courts métrages de 11 minutes 9 secondes et une image, réalisés par onze réalisateurs de tous les pays, chacun apportant sa vision des évènements du 11 septembre 2001. Si le projet s’annonce alléchant en raison de son casting, le film ne tient pas toutes ses promesses. Derrière un habillage marketing à la limite de l’indécence, se cache un film très bancal qui se distingue par l’inégalité de ses segments et un manque cruel de cohérence dans la forme comme sur le fond.

Plusieurs approches seront tour à tour envisagées, les mises en abîmes historiques, le discours politique avec plus ou moins de réussite. Surtout, un grand nombre de réalisateurs jouent sur la dualité local/mondial pour mieux évoquer les évènements relatifs à chaque région du monde. En dépit de quelques faiblesses, le film mérite l’attention, ne serait ce que pour les deux films de Loach et de Imamura.


Voici en quelques lignes, les différents courts métrages proposés.

Iran par Samira Makhmalbaf.

Ce premier film choque aux Etats Unis par ce qu’on y rencontre de jeunes écoliers qui refusent d’observer une minute de silence en hommage aux victimes du onze septembre. Pourtant, au travers de cette tranche de vie d’une école, la réalisatrice du Tableau noir énonce quelques vérités simples en adoptant un point de vue purement local. Qu’est ce que l’Amérique pour ces jeunes enfants pour qui un événement majeur reste la lapidation d’un proche de l’autre côté de la frontière ?


France par Claude Lelouch

Un couple joue à je t’aime moi non plus à New York. Il est guide, elle est sourde et se sent peu à peu abandonnée par cette homme qu’elle avait rencontré un an jour pour jour, le 11 septembre 2000. Malgré son style quelque peu sentencieux, Claude Lelouch construit un film émouvant qui joue habilement avec la perception limité de son héroïne, magistralement interprêtée par Emannuelle Laborit.


Egypte par Youssef Chahine

« les Etats Unis et Israel en tant que démocraties, dont les gouvernements sont élus par leur peuple, peuvent être légitimement attaqués ». Une seule phrase suffit à résumer ce pot pourri amalgamant de cinquante ans de pensées négationnistes et antiaméricaines. Ridicule et navrant pour l’auteur du Destin.


Bosnie Herzégovine par de Danis Tanovic

Le réalisateur bosniaque s’intéresse à une manifestation à la mémoire des victimes des massacres serbes de Srebrenica, se déroulant tous les 11 du mois. En dépit de quelques traits d’humour dignes de Noman’s Land, le film souffre d’un académisme gênant et mal venu.


Côte d’Ivoire par Idrissa Ouedraogo

Il fallait oser jouer la carte de l’humour et de la dérision, Idrissa Ouedraogo relève le défi avec cette édifiante histoire de gamins africains qui tentent de capturer un personnage qui ressemble étrangement à Ben Laden. Inventif et souvent drôle, une des bonnes surprises de la sélection.


Grande Bretagne par Ken Loach

Le célèbre réalisateur écossais choisit d’évoquer un autre 11 septembre, en 1973, et l’accession au pouvoir du Général Pinochet. Un exilé chilien écrit une lettre aux victimes américaines, tandis qu’un montage d’archives aussi implacable que didactique rappelle les faits, de l’élection de Allende aux exactions de la junte tout en soulignant la complicité des autorités américaines. « Nous ne vous oublierons pas à condition que vous ne n’oubliez pas ». Emouvant, à coup sûr un des meilleurs films de cette programmation.


Mexique par Alejandro Gonzales Inarritu

Une musique saturée, des écrans noirs ponctués d’images de jumpers, ces personnes désespérées se jetant du haut des tours du World Trade Center puis un écran lumineux où apparaît une phrase écrite en arabe, traduite par « Does God’s light guide or blind us ». Le minimalisme revendiqué de l’auteur de Amours Chiennes suffit parfaitement pour illustrer sa dénonciation du fanatisme religieux


Israel par Amos Gitai

Le destin est cruel parfois. Alors que Yousef Chahine amalgame soldats américains et kamikazes palestiniens, Amos Gitai évoque les attentats suicides en Israel. A travers l’hystérie d’une journaliste, il dénonce les dérives de la presse de son pays même si sa démonstration ne convainc pas entièrement.


Inde par Mira Nair

Un jeune indien disparaît pendant les évènements du 11 septembre. Les autorités le soupçonnent rapidement d’appartenir au réseau Ben Laden, pour le plus grand désarroi de sa mère qui doit affronter les regards accusateurs de ses voisins, à moins que… Cette chronique du racisme ordinaire méritait mieux. On dirait un téléfilm et Mira Nair aggrave son cas en profitant de l’occasion pour s’auto citer lorsque le Mariage des Moussons effectue un passage remarqué à la télévision.


USA par Sean Penn

Le réalisateur américain suit un vieil homme de Manhattan qui ne parvient pas à surmonter le décès de sa femme. Beau et étonnement distancié, une fable étrange pour laquelle, en dépit de tout il faut continuer à vivre.


Japon par Shohei Imamura

Incorrigible, Shohei Imamura détourne la commande à son profit dans cette histoire purement animiste qui voit un soldat, revenu traumatisé de la guerre, adopter les postures d’un serpent. Complètement distancié mais bénéficiant d’un travail de mise en scène surprenant de par l’atmosphère intemporelle qu’il dégage, le film s’achève par une pirouette qui en dit long sur le talent du maître. Un très grand moment de cinéma.
J.H.D. 

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