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Signes de M. Night Shyamalan
Avec : Mel Gibson, Joaquin Phoenix, Rory Culkin, Abigail Breslin, Cherry Jones
Avertissement ! : Pour apprécier le film de M. Night Shyamalan, il est conseillé de ne pas lire cet article même s’il ne révèle pas trop d’éléments dramatiques.


Malaise dans la civilisation.

Indépendamment des pertes humaines et matérielles, les évènements 11 septembre auront marqué la fin des illusions d’une Amérique à l’abri de toute attaque militaire. Les scandales financiers se sont dès lors chargés d’accentuer ce malaise dans la civilisation. Sous cet angle, le dernier film de M. Night Shyamalan, acquiert une dimension particulière car il s’agit ni plus ni moins de la chronique de la fin du monde, plus précisément d’un monde.

Le réalisateur part ici d’un simple faits divers, la découverte de figures étranges dessinées dans des champs de blé de Graham Hess un fermier de Pennsylvanie, ancien pasteur, retiré suite au décès de sa femme vivant seul avec ses deux enfants et son jeune frère. Dans un premier temps, il envisage une mauvaise blague mais bientôt les signes apparaissent sur toute la planète et les médias relaient d’étranges phénomènes inexplicables…

Dans Signes, M. Night Shyamalan joue avec les certitudes des spectateurs en même temps que celles de ses personnages. Mel Gibson livre une étonnante prestation en pasteur désabusé à relier au In God We trust, la devise des Etats-Unis. L’irruption de l’étrange, la peur, la perte des repères, le réalisateur manipule cette gamme d’émotions avec une maîtrise rare. S’inspirant des films de science fiction paranoïaques des années 50, il délaisse le kitsch de l’époque et choisit une mise en scène solidement ancrée dans le réel, d’où une angoisse accrue notamment lors de la scène de Rio ou celle où Mel Gibson s’aventure de nuit dans son champ. Le réalisateur excelle dans ce climat fantastique où le moindre évènement fait monter l’adrénaline, surtout par ces choix de points de vue et de caméra, un savant système de champs contre champs.

Evidemment l’épilogue déçoit compte tenu de ce qui précède. Pourtant, il ne s’agit pas exclusivement d’un film déiste, le réalisateur s’attarde plutôt sur des mécanismes de croyance complexes, religion mais aussi extra terrestres, médias. Il s’agit toujours de la même problématique du cinéma de ce réalisateur d’exception, sur la place de l’individu dans le monde et sur ce qui le détermine. Et vous à quoi croyez vous ?
J.H.D. 

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