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Créances de Sang de Clint Eastwood
Avec : Clint Eastwood, Jeff Daniels, Wanda De Jesus, Anjelica Huston
Les derniers films de Clint Eastwood sans être médiocres n'étaient pas à la hauteur de la réputation et du talent du réalisateur, on pouvait légitimement craindre qu'à 72 ans, Clint Eastwood n'ait plus grand chose de neuf à dire. Mais encore une fois, Clint, en jouant sur un registre que lui et son public connaissent par cœur, arrive pourtant à nous surprendre, et bien plus encore, à réaliser un film d'une excellente facture. Voyant s'égrener sa vie sous ses yeux, Eastwood a décidé d'en tirer le meilleur parti et d'en jouer pour inclure cet élément dans ses histoires.

Ainsi, dans Créance de sang, Clint joue le rôle de Terry McCaleb, un vieux flic solitaire foudroyé par une crise cardiaque alors qu'il est sur le point d'appréhender un tueur en série. Obligé de prendre sa retraite, Clint s'en sort grâce à une greffe de cœur. Lorsqu'il apprend que la personne qui lui a fait don de son cœur a été assassinée, Clint décide de reprendre du service et de rembourser "sa dette de sang" en enquêtant sur le meurtre de sa donneuse.

Fausses pistes, action (quel plaisir de revoir Eastwood canarder à tout va), retournement de situation, tout y est. Servi par l'excellent scénario de Brian Helgeland, déjà auteur d'une épatante adaptation de l'univers de James Ellroy dans L.A. Confidential, Clint Eastwood nous livre un film complexe et intelligent. Spectateur de sa propre sénescence, Clint n'en fini pas de nous torturer en nous montrant les examens médicaux qu'il subit comme pour mieux nous rappeler que sa fin est proche. Mais ce qui contribue surtout à la qualité de ce film, c'est que Créance de sang s'avère une étonnante rétrospective du cinéma des années 60 et 70. Ce film vient directement du passé (d'ailleurs Clint nous dit dans le film qu'il n'aime pas les portables et qu'il ne fait confiance qu'aux fils qui passent par le sol), ce qui pourrait paraître ringard est captivant. Ce modèle de classicisme qu'est Créance de sang devient par un étrange retournement de situation, un film précieux et unique en son genre. Si la grammaire du polar hollywoodien est respecté, Eastwood prend le temps d'installer ses personnages dans le film, tourne en plan large et livre finalement une oeuvre minimaliste reposant sur une étrange relation entre le tueur et Mc Caleb. Après ce premier coup, le prochain film du duo Eastwood/Helgeland Mystic River , est attendu de pied ferme. Longue vie à Clint.

G.P.L. 

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