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Gangs of New York de Martin Scorsese
Avec : Leonardo DiCaprio, Daniel Day-Lewis, Cameron Diaz, Liam Neeson, Brendan Gleeson
Il était une fois en Amérique.

« Les États-Unis sont passés de la barbarie à la modernité sans avoir connu la civilisation » , disait Albert Einstein. Le dernier film de Martin Scorsese se propose d'effectuer une plongée dans les bas fonds de New York, un monde de violence régi par des codes de l'honneur...

New York 1846. Les emmigrants irlandais des dead Rabbits et les Natives emmenés par le terrible Bill le Boucher, se livrent une féroce guerre des gangs. Elle se finit par une confrontation générale au cours de laquelle le Boucher tue le leader des emmigrés, Père Vallon sous les yeux de son fils Amsterdam. Les Natives prennent ainsi le contrôle des rues du quartier des five points et passent des accords avec Mr Tweed, un politicien affluent. Seize ans plus tard, Avalon, le fils du Père Vallon revient avec la ferme intention de venger son père. Il infiltre l'organisation des Natives...

Bien avant Georges W. Bush, Gangs of New York décrit les soubresauts de l'Amérique naissante et dès les premières séquences, la mise en scène somptueuse de Sorcese anime ce récit d'un soufle épique, non pas dans la bestialité ou la violence des combats, réduits à un processus purement tribal mais dans cette capacité à rattacher l'histoire des individus à celle de la collectivité. Gangs of New York donne constamment le change à des spectateurs médusés, l'impression de participer à l'Histoire, impression renforcée par la démesure des moyens mis en oeuvre, la reconstitution minutieuse de tout un quartier, d'une ville.

Gangs of NewYork se distingue aussi par quelques scènes bien plus subtiles que la rage diffuse que le film véhicule pendant trois heures. Il s'agit d'une part de la corrruption, de la collusion entre gangs et politiciens véreux - une des obsession deScorsese, le crime organisé - et d'autre part, des relations troubles entre Valon et le meurtrier de son père, incarné magistralement par Daniel Day Lewis. Le Boucher exerce ainsi une sorte de fascination sur le jeune Amsterdam, notamment au travers de son oeil de verre. Le réalisateur de Taxci Driver oeuvre plus dans le registre de la tragédie grecque que dans l'univers d'un Shakespeare.

Pourtant le tableau n'est pas parfait. Pressé par les producteurs, Scorsese a du effectuer de nombreuses coupes qui induisent un reserrement d'une intrigue trop simplifiée et prévisible Surtout, la vision historique globale du réalisateur de Casino a de quoi laisser perplexe. L'Amérique s'est elle vraiment construit dans les rues de New York ? (Quid de la capitale fédérale Washington, quid de l'indépendance proclamée à Philadelphie ?). Sans nier la violence qui a accompagné la construction des Etats Unis d'Amérique, on peut s'interroger sur la contribution de personnages qui passent la totalité du film à s'entretuer quand ils ne mettent pas à sac la ville entière. Scorsese a en outre tendance à minimiser le racisme de ces braves gens qu'il fait passer au second plan derrière la violence d'état et la répression sanglante des troupes de l'Union à l'occasion des draft riots. Néanmoins par ce procédé discutable, le réalisateur en revient toujours à cette même obsession qui hante le film, ce souffle épique qui balaie les individualités pour mieux raconter l'Histoire de toute une nation.
J.H.D. 

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