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Un taxi pour trois de Orlando Lübbert
Avec : Alejandro Trejo, Daniel Munos, Fernando Gomez-Rovira, Elsa Pobletes, Denitze Lecaros
Ah! si j'étais riche.

Le Chili, comme d'autres pays d'Amérique latine, est un pays écartelé entre sa volonté de participer pleinement à la société de consommation et son impossibilité matérielle d'y parvenir. Comme l'énonce Orlando Lübbert, le réalisateur d'Un taxi pour trois : "le Chili est un pays qui te montre ce que tu dois faire à grand renfort de publicités consuméristes, alors que pour la majorité de la population ce mode de vie est inabordable".

Ulises Morales (Alejandro Trejo) honnête chauffeur de taxi personnifie le peuple chilien. S'il était riche sa vie serait bien différente, il n'aurait plus à payer les traites mensuelles de sa vielle Lada, il pourrait succomber aux tentations de la société de consommation et pourrait payer l'orthodontiste à ses enfants. Mais Ulises, comme nombre de ses compatriotes, est à la porte de la caverne d'Ali Baba de la société de consommation sans aucun espoir de se voir révéler un jour la formule magique. Sa vie prend un tour inattendu lorsqu'il est braqué par Chavelo (Daniel Munos) et Coto (Fernando Gomez-Rovira), deux paumés des quartiers pauvres de Santiago qui, dans une version nouvelle de la bourse ou la vie, lui propose le volant ou le coffre. Choisissant le volant, Ulises participe malgré lui aux activités criminelles des deux malfrats et s'offre une vie pleine d'émotions, de risques et d'argent à laquelle il ne sera pas si facile de renoncer.

Orlando Lübbert construit son film autour du chemin de croix /odyssée d'Ulises et de la rédemption de Chavelo et Coto, les deux petites frappes en mal d'amour et de repères. En choisissant le volant, Ulises entame une descente aux enfers dont la fin est forcément tragique et inéluctable. Délivrant un message pessimiste, Lübbert semble indiquer que la situation de la société chilienne est sans issue.

Mais si Un taxi pour trois vaut pour sa réflexion sur le Chili contemporain, le film ne parvient pas à trouver un juste milieu entre humour et thriller et surtout, par excès de cynisme, n'arrive jamais réellement à rendre ses personnages attachants. Ulises est un personnage déplaisant dont les motivations sont parfois caricaturales et Chavelo et Coto ne sont que moyennement crédibles dans leur entreprise de rédemption. Un taxi pour trois, malgré ses qualités, ne parvient jamais à être réellement enthousiasmant et ne donne pas envie de prendre ce taxi pour Santiago du Chili.
G.P.L. 

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