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Séance de rattrapage : L'Echine du diable de Guillermo del Toro
Avec : Junio Valverde, Eduardo Noriega, Federico Luppi, Fernando Tielve, Francisco Maestre Réalisé par Guillermo Del Toro
Guillermo Del Toro est un homme patient. Il est patient au point d'attendre que les conditions les plus parfaites soient réunies pour tourner un film qui lui tient à cœur. Ainsi, il attend 4 ans pour réaliser son premier film Cronos, une histoire de vampire poétique et singulière, qui a écumé les festivals avec succès et remporté le total record de 9 Ariel (l'équivalent mexicain des César). Le magazine anglais Shivers le classe même parmi les 100 meilleurs films du 20e siècle.

Pour l'Echine du diable, il a mûri son projet de film de fantôme se situant dans un orphelinat pendant 16 ans. Une telle patience est une force, Del Toro sait garder le cap même dans la tourmente. Son projet il le monte grâce au soutien de la maison de production des frères Almodovar, "el Deseo" (le désir).

En pleine guerre civile espagnole, le jeune Carlos (Fernando Tielve) est accueilli au sein de l'orphelinat Santa Lucia, au milieu d'une campagne aride et désertique. Dirigé par Carmen (Marisa Paredes)qui fait son possible pour éviter aux enfants une mort certaine, l'orphelinat ne compte que trois autres adultes, Casares (Federico Luppi), amoureux en silence depuis de nombreuses années de Carmen, Jacinto (Eduardo Noriega), homme à tout faire craint par les enfants et sa fiancée Conchita (Irene Visedo). Chemin faisant, Guillermo Del Toro dévoile un à un les mystères de l'orphelinat Santa Lucia jusqu'à la révélation finale.

L'Echine du diable est de ce type de film qui absorbe littéralement ses spectateurs, les renvoie vers leurs peurs infantiles les plus profondément enfouies. C'est un film qui fait tressaillir, espérer, sourire, souffrir, un film personnel qui pourtant s'adresse à chacun de nous. Cette réussite est la réussite d'un homme, Guillermo Del Toro, qui a puisé dans ses souvenirs personnels pour livrer cette œuvre unique (il a passé une partie de son enfance dans une école tenue par des jésuites, expérimentant en quelque sorte ce qui constituera le cœur de l'Echine du diable). Le casting est parfait, Eduardo Noriega se veut tour à tour manipulateur et inquiétant, Marisa Paredes percutante, et l'ensemble des enfants épatants (et pourtant la direction d'enfants est réputée être extrêmement délicate). A vrai dire, tout dans l'Echine du diable se met en place (décor, son, photographie, effets spéciaux) de façon à se faire oublier au profit de l'Oeuvre en elle même et à se fondre dans une symphonie macabre et fascinante.
Sorti discrètement dans les salles françaises le 8 mai 2002, l'Echine du diable offre un spectacle pénétrant, terrifiant et surtout formidablement humain qu'il est urgent de découvrir

NB:le film ressort ces jours-ci en DVD.
G.P.L. 

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