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Nos Meilleures Années de Marco Tullio Giordana
Avec : Alessio Boni, Luigi Lo Cascio, Adriana Asti, Sonia Bergamasco, Fabrizio Gifuni
Notre Histoire

Une durée de six heures pour une œuvre produite pour la télévision italienne, autant le dire tout de suite, Nos meilleures années suscite d’emblée la méfiance des spectateurs habitués aux stéréotypes des grandes sagas familiales, des réticences envolées au bout de quelques minutes d’une authentique œuvre de cinéma.

Le film retrace quarante ans d’histoire italienne à travers le destin de destin la famille Carati et de leurs proches. 1966, bercés par une jeunesse insouciante, Nicola et Matteo mènent une existence pleine d’espoirs et de promesses. Faire la fête, séduire des filles et finir ses études, l’avenir leur appartient. Une rencontre bouleverse pourtant leurs certitudes, Giorgia une jeune femme souffrant de troubles de la personnalité. Nicola devient psychanalyste, Matteo abandonne ses études et rentre dans l’armée avant d’intégrer la police…

La grande force du film tient à sa capacité à déjouer les pièges d’une fiction télévisée. Si Marco Tullio Giordana articule son récit autour des deux frères, le film déploie à travers un double mouvement une multitude de destins. Chaque parcours individuel raconte une partie de l’Italie, et le pays façonne à sa manière les différents personnages, notamment Nicola, son expatriation, son soutien à l‘antipsychiatrie.

L’Italie, berceau de la Renaissance et du néo réalisme tiraillé entre modernité et académisme tient en effet le rôle principal. Nos Meilleures Années évoque ainsi entre autre les Brigades rouges, les inondations, les coupes du Monde de football, l’émergence de la mafia, mais étrangement le film passe sous silence l’irresistible ascension d’un certain Silvio Berlusconi.

Maro Tulio Giordana choisit en effet de ne pas raconter l’Histoire du pays mais plutôt une somme de destins entremêlés à travers les fils de l’histoire. Si l’Italie ne peut se réduire au destin d’un seul homme, chacun peut, au delà de certaines généralités, se reconnaître à travers le film. Et quand au terme des six heures, Marco Tullio Giordana orchestre les retrouvailles de Nicola et Matteo, faisant coexister en un plan sublime morts et vivants, le film expose l’émergence d’une conscience collective.
C.A. 

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