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Hero de Zhang Yimou
Avec : Jet Li, Maggie Cheung, Ziyi Zhang, Tony Leung Chiu Wai, Chen Daoming
Zhang Yimou, Jet Li, Maggie Cheung, un budget colossal, tous ces élèments laissaient prévoir une fresque spectaculaire et haletante. Il n’en est rien, la somme de tous ces élèments est quasi nulle tant le film se fourvoie dans un académisme et une morale politique honteuse.

Hero raconte la même histoire que L’empereur et l’assassin (sorti et chroniqué sur le site en janvier 2001), le destin de Qin, premier empereur de Chine. Au prix d’une multitude de guerres, il parvient à unifier toutes les provinces du royaume mais son action s’accompagne d’un tel déferlement de violences qu’elle suscite un complot des régions insoumises. Ces provinces dépêchent leurs meilleurs guerriers dans le but d’assassiner le sanguinaire souverain. Ce dernier promet alors une forte récompense pour la tête de ces hommes. Dix ans plus tard, un mystérieux guerrier baptisé Sans Nom arrive à la cour de l’empereur. Il prétend avoir éliminer les ennemis du royaume, et etentreprend le récit de ses exploits pour convaincre le souverain…

S’il est vrai que Hero donne souvent dans la demesure, force est de constater que le film ne parvient jamais à imposer un réel point de vue de mise en scène. Zhang Yimou, bombardé cinéaste officiel se contente simplement de copier des scènes que l’on a déjà vues ailleurs et en mieux. La plupart des duels rappellentTigre et Dragon ou Tai Chee Master pour le duel (Jet Li/Maggie cheung), et la représentation appuyée donc simpliste des saisons le Dolls de Kitano. Quant aux batailles et à la cour du roi, elles évoquent souvent le film de Chen Kaige, la poèsie en moins, la propogande politique en plus.

Car Hero ne se contente pas d’être un film cinématographiquement peu novateur et ennuyeux, il dispense aussi un discours odieux qui permet de se dédouaner des pires atrocités de la Chine contemporaine (Tibet, Révolution culturelle…). On croit rêver en entendant l’empereur se justifier, l’unification sauvage et forcée du pays permet ainsi de se débarrasser de certaines particularités régionales, on pourra désormais écrire le mot épée d’une seule manière. Encore plus lamentable, vient le final stupide où l’expression mort pour l’exemple sacrifié sur l’autel de la mère patrie prend tout son sens. Albert Camus écrivait jadis, « l’artiste distingue là où le conquérant nivelle ». Film détestable, Hero demeure avant tout un film très conquérant.
J.H.D. 

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