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Le Film Décrypté : L'Homme qui voulut être roi de John Huston
Avec : Michael Caine, Sean Connery, Christopher Plummer, Saeed Jaffrey, Shakira Caine
Alors que l'actualité cinématographique de la fin de l'année 2003 est marquée par la sortie du Retour du Roi, un autre film épique narrant le retour d'un autre roi mérite amplement un coup de projecteur : l'Homme qui voulut être roi.

L'Histoire

Film qui porte encore aujourd'hui la marque du génie, l'Homme…, raconte dans un monde révolu et mythique, aux confins de l'empire britanniques des Indes, l'aventure de deux soldats de l'armée de Sa Gracieuse Majesté Britannique, mi-aventuriers mi-aigrefins qui font le pari de devenir roi du Kafiristan. Daniel Dravot (Sean Connery) et Peachey Carnehan (Michael Caine) alliants la force du lion et la ruse du renard se complètent parfaitement. Les deux hommes sont principalement motivés par leur enrichissement personnel (ce qui inclus entre autres un lucratif trafic d'armes) et leur appartenance à la franc-maçonnerie, place nos deux hommes sous l'autorité de la seule loi de Dieu, à l'écart de la morale des hommes. Leur voyage vers le lointain et féroce Kafiristan comble leur attentes au-delà de leurs espérances. Non seulement les deux hommes deviennent des rois, mais outre l'unification des tribus guerrières, Daniel Dravot se retrouve promu demi-Dieu, descendant direct d'Alexandre le Grand. Mais atteint par l'Hybris du pouvoir, Dravot, malgré les avertissements de Carnehan, perd le sens des réalités et ne sachant pas s'arrêter à temps provoque la capture des deux compères et sa propre mort.

La Genèse

Cette aventure a été porté par Huston pendant de nombreuses années. Dès les années 50, le réalisateur avait en effet pensé adapter la nouvelle de Kipling en confiant les rôles principaux à Clark Gable et à Humphrey Bogart. Ce projet mis de côté, il tente de le relancer au début des années 70 avec cette fois-ci le duo Redford-Newman en ligne de mire. Newman enthousiasmé par l'idée conseille toutefois à Huston de confier les rôles principaux à des acteurs britanniques.
Sean Connery et Michael Caine à bord, John Huston parvient enfin à tourner ce qui sera l'un de ses derniers films.

Les Aventuriers du Royaume perdu

L'Homme… est avant tout un incroyable voyage initiatique. Le parfait film d'aventure avec deux héros à la personnalité emblématique, dans un univers mi-imaginaire mi-historique (l'empire d'Alexandre s'est effectivement étendu jusqu'à l'actuel Afghanistan) parfaitement retranscrit dans un Maroc plus kifiristanais que nature (c'est Alexandre Trauner qui était en charge des décors et qui a supervisé la construction de toutes pièces d'une reproduction de temple grec en bois peint). Ces éléments font de cette œuvre, un film passionnante et ludique dans la lignée des Mines du Roi Salomon ou des Aventuriers de l'Arche Perdue.

Rudyard Kipling

Alors que l'Homme… est originellement une nouvelle écrite par Rudyard Kipling, l'ombre tutélaire de l'écrivain plane amplement sur le film de John Huston. Le personnage de Kipling est interprété par Christopher Plummer qui joue le rôle de l'indispensable témoin extérieur/déclencheur sans qui rien ne serait possible.

La soif de pouvoir

A la manière d'un philosophe antique, Huston fait également de son film une fable sur la démesure du pouvoir. Nous le savons, Dravot et Carnehan refusent la loi des hommes. Il est donc naturel qu'en devenant rois, ils se placent sous l'autorité de Dieu. Mais en essayant de prendre la place de Dieu, ils encourent son châtiment qui intervient immanquablement. Dravot pour s'être approché trop près des cimes de la déité est précipité dans le vide. Autrement dit, et pour résumer les enjeux de l'Homme… à la lumière du dernier tome du Seigneur des anneaux, autre roi, même quête du pouvoir absolu…
G.P.L. 

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