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Le Film Décrypté : Vision comparée Lady killers/Tueurs de dames de Alexander Mackendrick
Avec : Alec Guinness, Katie Johnson, Peter Sellers, Cecil Parker

Le discours de la méthode

Comme à leur habitude, les frères Cohen avec leur nouveau film, Lady killers, déconstruisent, malaxent, se réapproprient un univers pour travailler un genre. Cette fois-ci c'est la comédie noire qui s'y colle façon humour british.

L'intrigue initiale, reprise dans la version 2004, décrit l'installation du Pr. Goldwaith Higginson Dorr III chez Mme Munson afin de bénéficier de l'acoustique des lieux propre à inspirer le calme et la sérénité propice aux répétitions de l'orchestre de chambre conduit par le Pr. Goldwaith. Il va sans dire que ledit Professeur n'a que pour seule ambition de monter le casse du siècle en se servant de la crédulité de Mme Munson.

Autour d'un casting taillé sur mesure, avec un étonnant Tom Hanks (qui se révèle pourtant à la hauteur du grand Alec Guiness) et un hilarant Marlon Wayans en pleine catharsis, les frères Cohen ont su reprendre tous les éléments intéressants du film originel de Alexander Mackendrick (les personnages, les répétitions, une ambiance de bout du monde) tout en l'actualisant, en le transposant dans le grand sud américain (brillante idée de situer le film sur les rives du Mississippi et le "coup" dans un casino flottant) et surtout en en gommant tous les défauts.

En effet, bien que réussi, le film initial souffrait d'un problème de rythme. La préparation et le déroulement du hold-up n'occupait qu'une faible part du montage final alors que l'élimination méthodique de chacun des membres du groupe prenait un tour fastidieux tant l'issue finale tellement prévisible tardait à arriver. L'intelligence des frères Cohen a été justement de déplacer le centre de gravité de leur film vers le hold-up, réduisant à la portion congrue l'enchaînement des éliminations et renforçant l'effet comique recherché en insistant sur le côté mécanique et affligeant des meurtres des membres du groupe. Soit, à chacun la mort qu'il mérite!

Néanmoins, si les frères Cohen sont des virtuoses, ce n'est pas réellement une nouvelle, et leurs travaux pratiques façon école de cinéma donnent cette impression quelque peu superficielle que les frères Cohen se contentent du minimum sur ce film. Même si l'exercice de style est parfaitement réussi, le spectateur attentif de l'œuvre de l'œuvre des Cohen Bros. peut légitimement se tourner vers les auteurs de Barton Fink, Fargo et Miller's Crossing et leur demander où ils en sont de leur cinéma 13 ans après leur palme d'or pour Barton Fink.

NB: 2 étoiles pour l'original, 3 pour le remake
G.P.L. 

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