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Saraband de Ingmar Bergman
Avec : Liv Ullmann, Erland Josephson, Börje Ahlstedt , Julia Dufvenius, Gunnel Fred

La Passion Cinéma

Ingmar Bergman revient. Il avait pourtant annoncé sa retraite à la sortie de Fanny et Alexandre en 1983. Même si entre temps, le maître a tourné quelques films pour la télévision suédoise, la sortie en salles de Saraband constitue en soi un événement, le testament plus que le retour d’un géant du septième art.

Dans Saraband, Ingmar Bergman retrouve Erland Josephson et Liv Ullmann. Les deux acteurs reprennent les rôles qu’ils tenaient dans Scènes de la vie conjugale. Johan reçoit pour quelques jours la visite de son ancienne épouse, Marianne. Cette dernière assiste aux déchirements du vieil homme au seuil de sa mort. Johan déteste en effet cordialement son propre fils Henrik, issu d’un premier mariage. Il cherche même à le séparer de sa fille Karin, une jeune violoncelliste douée d’un talent certain. A la suite d’une violente dispute entre le père et sa fille, Johan propose à Karin de financer ses études dans des conservatoires étrangers, sous l’œil de Marianne qui devient la confidente de toute la famille.

Quatre personnages, c’est peu et largement suffisant pour Ingmar Begman. Rarement un film n’aura dégagé une telle intensité, une telle rage. Dans Saraband, le maître laisse la passion s’exprimer: passion amoureuse, passion de la musique mais surtout passion du cinéma comme instrument de la mise en scène de l’humanité. Une scène cruciale du film en donne l’exemple le plus éclatant, la violente dispute entre Karin et Henrik. Le père et la fille vivent ensemble depuis la mort de la mère une relation quasi incestueuse et la jeune fille ne supporte plus l’intransigeance de son père perceptible jusque dans la conception austère de la musique qu’il lui inspire.

Le film reste à l’image de cette scène. La sarabande, musique triste que joue Karin accompagne le récit et la mort annoncée du patriarche, son départ du domaine familiale. Bergman sait mieux que quiconque cerner ce conflit de générations qui en sous entend un au sein de son propre cinéma, à travers l’importance accordée au théâtre et à la musique. De tiraillement en déchirement, le film met à nu chaque personnage pour lui donner la possibilité d’accepter sa condition. Soutenue par son grand père, Karin part rejoindre un groupe de musiciens loin du carcan familial tandis que Marianne renoue avec sa fille internée dans un hôpital psychiatrique. A l’image de ses personnages, Bergman trouve un certain apaisement au terme de cet opus brillant, possible testament d’un auteur passé maître dans l’art de la figuration de la nature humaine.
J.H.D. 

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