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Le Promeneur du Champs de Mars de Robert Guédiguian
Avec : Michel Bouquet, Jalil Lespert, Philippe Fretun, Anne Cantineau, Sarah Grappin, Catherine Salviat

Qui était François Mitterand ? La question qui n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît, méritait d’être posée. Le Promeneur du champs de Mars évoque donc les derniers mois du président en s’inspirant du livre de Georges Marc Benhamou, journaliste confident de l’homme politique vieillissant.

A bien des égards, le film de Robert Guédiguian pose des questions cruciales pour le cinéma français. Il s’y lit tout d’abord le problème de la mise en scène d’une figure historique dans un pays qui a toujours refusé d’examiner son histoire récente. Vient ensuite le cœur du film, à savoir la représentation d’une figure politique. Sans surprise ; l’annonce du projet a suscité d’emblée de nombreuses réticences des proches de l’ancien président. Ceux qui attendent des révélations seront pourtant déçus, ce n’est pas l’objectif de Robert Guédiguian.

Le cinéaste livre plutôt le portrait d’un vieil homme face à la mort. Affaibli par la maladie, Mitterand sait que ses jours sont comptés. Il tient néanmoins à assumer ses fonctions jusqu’au bout, délice du pouvoir peut être mais souci aussi de clouer le bec une dernière fois à ses détracteurs. Le vieil homme a compris le caractère hors normes de son destin. Il sait aussi qu’après lui, l’exercice du pouvoir sera modifié par l’Europe, que ses successeurs seront – pour reprendre ses mots - des gestionnaires. Il s’interroge donc tout naturellement sur la place qu’il va laisser dans l’histoire, d’où cette visite symbolique à la basilique où reposent les rois de France. Le François Mittérand de Robert Guédiguian sait qu’il est devenu une icône et le metteur en scène se joue de cette image, notamment lors de la scène du discours devant les mineurs.

Le président veut rentrer dans l’histoire mais refuse d’examiner la sienne, en particulier son passé sous Vichy. Le film trouve alors dans l’affrontement avec le journaliste ses limites. François Mitterand refuse de reconnaître la moindre responsabilité. Dans une plus large mesure, le film passe sous silence le rôle du président dans le désaveu actuel des français pour la classe politique ou du moins dans l’effondrement de l’élan populaire qui avait permis à la gauche d’accéder au pouvoir. A l’époque, on parlait de changer la vie. Dommage que Robert Guédiguian, cinéaste et militant communiste, trop fasciné par le personnage, n’ait pas plus questionné les responsabilités de l’ancien président.
J.H.D. 

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