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Sahara de Breck Eisner
Avec : Matthew McConaughey, Steve Zahn, Penélope Cruz, William H. Macy, Lambert Wilson

Sous le sable… l’ennui

Dirk Pitt et Al Giordino se sont connus enfants et ne se sont plus quittés depuis : banc de l’école, service militaire chez les Marines puis plongeur et mécanicien sur l’équipage scientifique de l’amiral Sandecker. Et c’est lors d’une escapade sur les côtes de Guinée que Dirk tombe sur une pièce d’or sudiste appartenant à la cargaison d’un légendaire navire confédéré disparu il y a près de 150 ans et obsession de l’aventurier. Sa chasse au trésor va l’amener à rencontrer le Dr Eva Rojas, médecin dépêchée par l’O.M.S. pour trouver l’origine d’une mystérieuse épidémie frappant l’Afrique Occidentale.

Sale temps pour le film d’aventure made in Hollywood et ce n’est pas la vision de Sahara qui changera la donne. Chaque nouveau film nous fait prendre conscience de l’équilibre parfait mais malheureusement oublié des Aventuriers de l’arche perdue avec l’action sidérante, l’humour ravageur et des personnages plus complexes qu’au premier abord. Ainsi nous sommes renvoyés à cette sempiternelle question : qu’est ce qui cloche dans l’aventure contemporaine ? Sahara n’est pas le pire exemple, il est à mi-chemin entre la plus qu’oubliable Momie de Stephen Sommers et l’insupportable Benjamin Gates et le trésor des templiers. Mais tout est relatif puisque ces exemples riment surtout avec médiocrité et, bien qu’adapté des best-sellers de Clive Cussler, le film regroupe leurs pires formalismes tout en les mélangeant à la sauce buddy movie. Du coup, Sahara perd sur les deux tableaux.

Bien que le film ait été tourné en Espagne et au Maroc, rien ne semble vrai mais cela ne serait presque rien si les personnages étaient suffisamment crédibles, or ils ne sont que des stéréotypes déshumanisés. Matthew McConaughey cherche à devenir un successeur à la fois d’Harrisson Ford et de Mel Gibson mais n’arrive jamais à dépasser le stade du blondinet deep south carbonisé par les U.V., Steve Zahn ne s’en sort guère mieux dans son rôle d’acolyte blagueur (quelques bons mots tout de même). Avec un couple aussi bancal, l’alchimie du buddy movie ne peut pas fonctionner –100% de leur caractérisation dans le générique de début, respect !- ; Penelope Cruz, quant à elle, écope du rôle de potiche de service (européenne et exotique à la fois, tout comme Diane Kruger dans Benjamin Gates… tiens, tiens…) et Lambert Wilson nous refait son numéro de caricature de français opportuniste, couard et veule. Pour corser le tout, Breck Eisner distille au cours de leurs aventures une légèreté de ton souvent inappropriée qui a pour conséquence première de durcir le sentiment d’indifférence générale et ce, jusqu’aux scènes d’actions : pas mauvaises en soi mais vaines par leur absence de tension. Deuxièmement, la construction de l’histoire est tellement brouillonne et chargée d’incohérences qu’il devient impossible de prendre Sahara avec un minimum de sérieux quand cela est nécessaire.

Enfin, il est bon de rappeler que Sahara est beaucoup trop long et, en définitive, victime des clichés inhérents au blockbuster traditionnel, un exemple des plus flagrants étant ces choix musicaux trop faciles : “Sweet Home Alabama” des Lynyrd Skynyrd parce que nos héros sont du sud des Etats-Unis, ou encore “Magic Carpet Ride” de Steppenwolf dans une séquence de transition dans le désert. Mais le plus triste de l’histoire est l’échec de sa principale mission : divertir. Pourtant, Sahara, à l’instar du succès de Benjamin Gates…, pourrait amener à produire prochainement encore plus d’avatar : gare à la sous-Indy-gestion !
J.F. 

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