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Moins que Zéro de Bret Easton Ellis par S.L.., 10-18
 

Bret Easton Ellis a vingt-et-un ans lors de la publication de Less than zero, son premier roman. C’est un succès foudroyant, et on le comprend en lisant ce petit livre étrange, incroyablement dur et lucide. Clay revient pour Noël à Los Angeles du New Hampshire où il fait ses études. Il retrouve son (ex ?) petite amie, ses amis et sa famille. Il n’y a pas d’amour ni de chaleur chez aucun de ses gens très riches, horriblement froids et tous soumis à une dépendance, quelle qu’elle soit.

L’intrigue est très simple à résumer : Clay est de retour à Los Angeles, va à des fêtes, sniffe de la cocaïne, voit son meilleur ami se prostituer pour rembourser ses dettes de drogue, une fille de douze ans se faire violer… Il revient donc pour constater à quel point l’univers dans lequel il a évolué est vide.

« Moins que zéro n'a rien d'un manifeste. C'est un roman de Los Angeles, ville dure, ville sans âme », nous dit Bret Easton Ellis. Sans âme : c’est la caractéristique principale des héros ellissiens. Ce premier roman a marqué toute une génération. Les références musicales (des années 1980 surtout), cinématographiques, la fausse apologie de MTV, les pages people et les U.V. contribuent à son étrangeté.

Ellis instaure avec Moins que zero une narration précise et neutre. Celle-ci n’empêche guère l’effet des images qui nous sont parfaitement et médicalement décrites. On voit, à travers le regard de Clay, cette vie désespérée et désespérante, cette vie échouée. On le ressent à travers les images que nous transmet la voix de Clay : « Des images de gens que la vie dans la cité rendait fous. Des images de parents si affamés et si frustrés qu’ils dévoraient leurs propres enfants. Des images de garçons et de filles de mon âge, dont les yeux quittaient l’asphalte pour être aveuglés par le soleil ».

On peut penser que Moins que zero est un bon apprentissage à la lecture de Bret Easton Ellis. Rapide et foudroyant, il est à aimer ou à détester, mais il ne laisse pas indifférent.

Editions 10/18 (Domaine Etranger), 249 pages, 6.90 euros

S.L. 

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