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chroniques littéraires

La Femme qui attendait de Andreï Makine, Seuil
 
Les neiges éternelles

Un vent glacé souffle à travers les forêts enneigées de l’ex Empire soviétique. Perdu au beau milieu de nulle part, le village de Mirnoï accueille le narrateur, un jeune intellectuel de Leningrad venu écrire quelques articles sur les coutumes locales. Il remarque rapidement la mystérieuse Véra. Belle et solitaire, elle attend le retour du seul homme qu’elle ait jamais aimé, un jeune garde rouge parti se battre contre les nazis trente ans plus tôt.

L’univers de Andreï Makine s’enrichit une nouvelle fois d’un de ces personnages dont l’auteur a le secret : happé par l’histoire de la grande Russie, ils irradient ce pays enneigé et mystérieux, peuplé d’ours, d’ivrognes et de figures si singulières. Véra rejoint ainsi Jacques Dorme ou Alexandra. Dans un premier temps, l’institutrice ne se livre pas, ce qui donne quelques passages assez drôles. De rendez vous manqués en maladresses, le narrateur ne sait pas comment aborder cette femme énigmatique et fascinante, d’où une pointe de légèreté bienvenue dans l’univers plutôt retenu de l’auteur du Testament français.

Les personnages mènent ici une seconde vie. Ancien poète à la mode, le narrateur a quitté Leningrad car il se méfie de ses nouveaux intellectuels dissidents. Da la même manière, il découvrira que Véra a quitté le confort des villes pour se consacrer à une communauté de veuves de soldats. Andreï Makine sublime son dévouement et son style épuré finit par nous toucher. Figé dans une Russie enneigée et immuable, son amour éphémère atteint alors une sorte d’éternité.

Editions du Seuil, 216 pages, 18 euros
J.H.D. 

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