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La bête qui meurt de Philip Roth, Gallimard
 

Don Juan aux Enfers

Qu’est ce qui fait courir David Kepesh ? Ce vieux séducteur à la soixantaine vigoureuse partage son temps entre les cours de littérature à l’université et la critique à la télévision. Des prétextes. Car rien n’intéresse plus le vieil homme que le sexe. Il couche avec de nombreuses étudiantes qui ne résistent pas à sa célébrité même dérisoire. Parmi ses multiples conquêtes, une jeune étudiante issue d’un milieu cubain bourgeois attire son attention. Consuela Castillo n’est pas comme les autres. Elle n’a pas l’air d’une étudiante. Sa beauté fascine l’enseignant jusqu’à l’obsession malgré la mort un peu plus présente chaque jour.

Cent trente pages, c’est ce qu’il suffit à Philip Roth pour livrer un nouveau petit bijou. A partir d’un point de départ qui n’est pas sans rappeler la Tâche, l’université et ses règles de bienséance, l’auteur décortique les mécanismes de séduction et de soumission à l’autre, en un mot du désir. Son héros a connu quarante années de libération sexuelle qui ne mène à rien à part éventuellement la satisfaction d’une jouissance personnelle. Malgré son expérience et son assurance, il reste hanté par le spectre de la vieillesse, symbole de déclin physique et d’impuissance avant la mort.

Cette mort rattrape Consuela bientôt atteinte d’un cancer. Toute beauté, tout plaisir est éphémère. De même que la jouissance personnelle s’efface devant l’amour. Don Juan tombé de son piédestal, David Kepesh en fait l’amère expérience : la condition humaine dans ce qu’elle a de plus douloureux et merveilleux.

Editions Gallimard (Folio), 215 pages, 5.90 euros
J.H.D. 

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