sommaire
@ disques
agenda
interviews
articles

Inscrivez-vous à la newsletter PurJus

chroniques de disques

Langley Schools Music Project
"Innocence & Despair"
(Setanta/PIAS)

Ce disque est à peu près à l'exact opposé d'une quelconque démarche mercantile inévitablement liée à l'industrie de la musique, du moins à l'époque de l'enregistrement de ces 22 titres. Entre 1975 et 1977, Hans Fenger est engagé comme professeur dans le district de Langley, une communauté rurale canadienne. Fenger entreprend alors de faire reprendre par ses élèves des classiques de l'époque : Beatles, Beach Boys, Bowie… Initialement prévus pour une diffusion restreinte en vinyl autour de la communauté (élèves, parents, professeurs), redécouverts récemment un peu par hasard, ces 22 enregistrements regorgent de cette allégresse naturelle qu'ont les enfants à jouer des instruments de percussion (tymbales, cymbales…), à chanter à tue-tête entre copains, à reprendre en chœur des refrains intemporels (I Get Around, Saturday Night), à se laisser aller et oublier le rythme, à la limite de la cacophonie (Space Oddity). Mais au delà de la curiosité d'une telle "exhumation", ces morceaux m'ont rappelé mes premiers souvenirs musicaux, lorsque j'ai reçu ma première cassette compilation des Beatles que j'écoutais en boucle à l'époque, répétant les paroles plus ou moins justement sans vraiment en comprendre le sens. Sous-titré "Innocence et désespoir", ce disque est également —attention on utilise les grands mots— un témoignage du pouvoir émotionnel de la musique populaire dès le plus jeune âge. Comment, du haut de leur 10-12 ans, ces enfants auraient-ils pu saisir la force des paroles d'un Brian Wilson chantant dans God Only Knows "The world could show nothing to me/So what good would living to me ?" ? Et pourtant les enfants réclamaient ces chansons noires, sans trop savoir vraiment pourquoi, par simple goût pour les mélodies devenus des classiques de la musique pop. Langley Schools Music Project est un disque charmant et évidemment rare, qui a séduit des artistes comme John Zorn ou David Bowie, mais qu'on a honnêtement un peu de mal à écouter d'une seule traite (22 tubes de 2 minutes 30 à la suite, il faut s'accrocher !).
(A noter la qualité du livret qui accompagne le disque, retraçant la chronologie du projet et le retour de Hans Fenger, le professeur, sur le projet, 20 ans après)

RedApple
(redapple [AT] purjus [POINT] net [*]) 
>> achetez ce disque sur Amazon.fr >>

< autres chroniques <




Copyright 2000-2018 PurJus.net - <redac [AT] purjus [POINT] net> [*]
([*] veuillez supprimer les espaces pour former l'adresse mail réelle, merci -
ceci est fait pour lutter contre les collecteurs automatiques d'emails -
anti-spam)