sommaire cinéma
@ chroniques de films
articles

Inscrivez-vous à la newsletter PurJus

chroniques cinéma


Deux flics à Miami de Michael Mann
Avec : Colin Farrel, Jamie Foxx, Gong Li, Luis Tosar, Naomie Harris, John Ortiz, Justin Theroux

Jusqu’au bout de la nuit

Los Angeles, Miami, le cinéma de Michael Mann se jour depuis quelques années la nuit. C’est là que se décident les missions, que se négocient les deals ou que se nouent d’impossibles liaisons. En ce sens, l’adaptation de la célèbre série des années 80 par son producteur poursuit l’expérience de Collateral.

Surtout Michael Mann continue à exploiter en virtuose les possibilités offertes par la Haute Définition. Stylisé à l’extrême, Miami Vice ‘07 ne laisse aucun détail au hasard, jusque dans les gaz d’échappements bleutés des lamborghinis. Le film offre les plus beaux décors et extérieurs vus ces dernières années. Les scènes ressemblent pourtant à celles de Collateral mais Michael Mann parvient à saisir en quelques plans superbes la ville dans toute la spécificité. Nous avons bien quitté Los Angeles et suivons désormais Tubbs et Crockett à travers les rues de la métropole de Floride.

Les deux flics sont chargés de déterminer l’origine d’une fuite qui a conduit à la mort de deux agents fédéraux assassinés par un groupuscule de paramilitaires d’extrême droite. Pour approcher les meurtriers, ils doivent se fondre dans l’organisation criminelle qui leur livre drogue et armes. Ils intègrent ainsi un cartel sud américain dirigé par Jose Yero, chargés de transporter à bord de hors bords surpuissants de la marchandise de Haïti vers la Floride. Alors que Jose Yero se méfie de ces deux américains trop professionnels, Crockett se lie avec Isabella, maîtresse et bras droit de Angel Montoya, le véritable patron de l’organisation.

Tout le film se joue là, à la frontière qui sépare "un flic infiltré d’un flic mouillé jusqu’au cou". Une nuit, Crockett emmène Isabella à La Havane, le temps d’une escapade romantique. Le flic s’égare, s’invente une famille qui pourrait mettre à mal sa couverture. Surtout, les affaires reprennent. Crockett négocie une nouvelle répartition des bénéfices plus avantageuse. Poser la question revient implicitement à se mettre en danger, à la merci des truands comme des autorités.

Comme le personnage de Vincent dans Collateral, Sony se cherche une identité, une énergie qu’il trouvera plus tard quand il s’agira de sauver la femme de Tubbs dans un final étourdissant mais bâclé. Michael Mann sacrifie la crédibilité de l’intrigue sur l’autel de l’esthétisme. On ne saura donc pas l’identité du traître mais Miami Vice a quelque chose de plus beau à offrir, une superbe conclusion où se superposent au petit matin l’émouvante réunion d’un couple et la déchirante séparation de deux amants.
J.H.D. 

< autres chroniques



Copyright 2000-2017 PurJus.net - <redac [AT] purjus [POINT] net> [*]
([*] veuillez supprimer les espaces pour former l'adresse mail réelle, merci -
ceci est fait pour lutter contre les collecteurs automatiques d'emails -
anti-spam)