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Le Vent se lève de Ken Loach
Avec : Cillian Murphy, Padraic Delaney, Liam Cunningham, Orla Fitzgerald

La guerre infinie

Irlande 1920. Le vent de l’indépendance souffle sur les plaines. Le gouvernement britannique envoie les mercenaires black and tan mater les rebelles. Sur place, ils pillent, violent et exécutent sommairement suscitant l’indignation croissante de la population irlandaise. Dans ce contexte, un jeune médecin idéaliste Damien O’Sullivan rejoint son frère Teddy au sein de l’armée républicaine irlandaise (I.R.A.) fondée l’année précédente. Les attaques contre les troupes britanniques se multiplient avec toujours plus de représailles.

Dans la plus belle scène du dernier film de Ken Loach, Damien usurpe l’identité de son frère Teddy pour le protéger quand ils sont tous les deux arrêtés par les anglais. Peine perdue, il est torturé mais ne parle pas avant d’être libéré grâce à l’aide d’un jeune conscrit d’origine irlandaise. Cette séquence trouve un écho particulier dans le final tragique, Ken Loach illustrant brillamment le dilemme de ces jeunes gens engagés pour l’indépendance irlandaise. Quels sont les moyens de la lutte ? Ses limites ? Quand il abat désabusé un jeune traître, Damien forme le vœu que l’Irlande pour laquelle il se bat en vaudra la peine. Il s’agit de rompre avec l’Empire Britannique, son pouvoir politique comme économique.

Cet aspect intéresse beaucoup Ken Loach. Ils cristallise les rancœurs, notamment dans la scène où les partisans de Teddy défendent un usurier malgré les protestations des représentants de la Constitution Irlandaise. Cet homme leur fournit de l’argent donc des armes. La guerre s’est déplacée du terrain militaire aux conciliabules. Fidèle à son style empreint de réalisme et de didactisme, Ken Loach signe une œuvre poignante qui sort du contexte irlandais. Ses images peuvent se superposer à d’autres conflits plus récents.

Le cinéaste se joue des différentes oppositions, irlandais et britanniques, républicains et nationalistes, riches et pauvres ce qui atténue le manichéisme du film. Si certains pêchent par réalisme politique, d’autres se fourvoient par leur refus de tout compromis. Entre deux feux, Ken Loach a bien sûr choisi son camp, aux côtés des idéalistes, ceux qui paient au prix fort leur engagement politique.
J.H.D. 

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