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Bamako de Abderrahmane Sissako
Avec : Aïssa Maïga, Tiecoura Traore, Hamadoun Kassogué, Habib Dembele, Hélène Diara

Petit rappel utile. Fondés à l’issue des accords de Bretton Woods en 1945, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale ont pour objectif de juguler la Finance internationale et accessoirement de prêter de l’argent aux pays les plus pauvres… quand plus aucune institution ne veut accorder un prêt. Concrètement, le FMI et la Banque Mondiale agissent comme une banque qui si elle prête de l’argent attend en retour le paiement d’un intérêt et le remboursement des sommes accordées.

Cette évidence semble avoir été oubliée par les instigateurs de ce film démagogique. Dans une cour de Bamako, un tribunal fictif juge le FMI et la Banque Mondiale responsables de tous les maux du continent africain. Le dispositif se heurte d’emblée à un problème de représentation des accusés que seuls leurs avocats représentent. Qui est le FMI ? Que veut il ? Le film ne se donne même pas la peine de chercher, la réponse est évidente : il y a complot des puissances financières contre l’Afrique. D’ailleurs les débats sont particulièrement confus, entrecoupés de tranches de vie des habitants du quartier, manière de dire que la vie continue, manière surtout de masquer l’absence totale de fond du discours.

Marre de ces films qui sous couvert de repentance appellent clairement à la vengeance à l’image de l’avocat William Bourdon qui ne plaide pas mais menace. Là où un film comme Indigènes cherchait la reconnaissance et affichait une vision positive de l’histoire, Bamako reste englué dans le ressentiment et l’idéologie. La cruelle vérité, c’est qu’aucune entité ne veut se substituer au FMI et prêter de l’agent à des états gangrenés par la corruption et la guerre civile. Démagogique et carrément raciste dans certains segments (le petit film où les cow-boys tuent des instituteurs africains, quel rapport de cause à effet ?), Bamako enfonce des portes ouvertes mais ne propose aucune solution concrète. Au regard de la situation dramatique de l’Afrique, un spectacle indigne.
J.H.D. 

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