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Dans Paris de Christophe Honoré
Avec : Romain Duris, Louis Garrel, Joana Preiss, Guy Marchand, Marie France Pisier

La famille des non-dits

C’est l’histoire de deux frères dans le Paris d’aujourd’hui. Paul regarde vers le passé, incapable de se remettre de son histoire tumultueuse avec Anna : les hauts et les bas, les disputes, les retrouvailles et la rupture inévitable. Incapable d’aimer, incapable de vivre, Paul se mûre dans le silence. Il retourne vivre dans l’appartement d’un père divorcé où habite son frère cadet, un jeune étudiant insouciant. Malgré toute leur bonne volonté, ils ne parviennent pas sortir Paul de sa dépression…

Au début du film, Louis Garrel, le sourire aux lèvres demande aux spectateurs s’il est possible qu’une histoire d’amour puisse nous faire sauter d’un pont. Le film montrera que cette question mérite d’être posée. Un drame sourd ronge ce foyer décomposé que la mère a abandonné depuis longtemps, le suicide d’une sœur qui reste encore dans les esprits. Jonathan et Mirko tentent ainsi d’arracher Paul à sa mélancolie, beau personnage incarné par un Romain Duris lucide et courageux, prêt à affronter l’histoire familiale quand son frère Jonathan a plutôt tendance à se réfugier dans une fuite en avant peu satisfaisante. Un coup de téléphone salvateur leur offrira des raisons d’espérer.

Le film de Christophe Honoré se joue là, entre les états d’âmes de Paul et l’insouciance de Jonathan, les lieux et les époques. Le cinéaste en appelle évidemment à une mémoire collective, convoquant les icônes de la Nouvelle Vague (Godard, Truffaut…) où l’univers mélancolique de Jacques Demy. Volubile et lumineux, Louis Garrel se substitue à Jean Pierre Léaud tandis que le film évoque Le Mépris quand il évoque l’usure du couple formé par Anna et Paul. Christophe Honoré revendique cet héritage mais n’en fait pas pour autant la raison d’être de Dans Paris. Il cherche surtout à établir une connivence avec son public afin de nous parler de choses graves sur le ton de la légèreté, une élégance rare et précieuse dans le cinéma français contemporain.
J.H.D. 

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