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INLAND EMPIRE de David Lynch
Avec : Laura Dern, Justin Theroux, Jeremy Irons, Harry Dean Stanton

A l’intérieur

Coupons court à tout suspens, Inland Empire déçoit. Le film trop brut ne possède pas le même éclat, le charme à la fois glamour et vénéneux de Mulholland Drive. Plus que le jeu de la mise en scène, une habile mise en abyme retournait ce dernier film infini comme un ruban de Moebius. Ici la virtuosité du cinéaste évidente, s’éparpille entre les lieux, les époques et les langues. Cet empire manque d’unité.

Une célèbre actrice Nikki Grace attend avec anxiété le résultat d’un casting. Elle reçoit la visite d’une étrange invité qui lui annonce qu’elle a été retenue pour jouer le rôle de l’épouse adultère dans On high in blue tomorrow aux côtés de l’acteur Devon Beck, séducteur connu pour ses frasques. Son mari met Nikki en garde mais est ce bien son mari ou bien le personnage de son mari dans le film ?

Evidemment sur l’écran, ce n’est pas aussi simple. Où commence le film ? Où finit la réalité ? Qui est cette brune assise en pleurs devant sa télévision ? Ces étranges créatures à tête de lapin ? Ces mystérieux polonais ? Plusieurs visions s’imposent pour combler les vides à condition qu’il y ait vraiment une histoire.

Adepte de la méditation transcendantale, David Lynch avoue une foie en des idées disparates, déconnectées qui finiraient par se faire l’écho les unes des autres. Mulholland Drive fonctionnait sur ce principe, L’Intrus de Claire Denis également. David Lynch n’a pas renoncé à raconter une histoire, il n’en livre que des bribes. A charge pour le spectateur de se faire sa propre opinion, de se construire sa propre vue d’ensemble.

Pour parvenir à ses fins, David Lynch n’a pas d’autres choix que de s’affranchir des contraintes d’un tournage classique. Caméra à l’épaule, il a commencé par suivre Laura Dern, époustouflante. Le film épouse littéralement cette femme sous influence, rongée par la culpabilité, l’infidélité et la mort d’un enfant.

La peur travaille Inland Empire, film exogène comme Eraserhead : peur du regard des autres (presse, télévision, téléspectateurs…), peur du mari, de soi même comme autant des facettes incarnée par l’actrice fétiche de Lynch. Mais s’agit-il réellement de son histoire ou d’un mirage ? La simplicité n’est qu’une apparence, la vérité se dérobe. Une porte, un écran suffit pour changer de dimension jusqu’au terme de ce voyage saisissant dans l’inconscient d’une femme.
J.H.D. 

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