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Le Film Décrypté : Elle et lui de Leo McCarey
Avec : Cary Grant, Déborah Kerr, Richard Denning, Neva Patterson

L’Amour existe encore

La presse du monde entier court après Nickie Ferrante. Le riche playboy d’origine italienne rentre aux USA où il doit retrouver sa fiancée Lois Clark, une riche héritière. Mais à bord, il rencontre une ravissante chanteuse de cabaret Terry McKay. Elle tombe sous son charme mais résiste. Elle doit en effet bientôt se marier avec un riche texan et se méfie de ce séducteur à l’ego démesuré. A leur arrivée à New York, ils décident pour tester leur engagement de se donner rendez vous dans six mois au sommet de l’Empire State Building. Mais rien ne se passe comme prévu…

Leo McCarey signe ici le remake d’un film qu’il avait lui-même tourné en 1938 avec Irene Dunne et Charles Boyer. Peu satisfait du résultat, le cinéaste tente de lui donner un second souffle avec l’usage de la couleur et surtout l’utilisation de la technique du Cinemascope employé jusqu’ici dans les films à grand spectacle. Leo McCarey prouve que cet usage peut se généraliser en quelques plans sublimes, extérieurs du paquebot, panorama de Villeferanche ou de l’Empire State Building. Elle et Lui se ditingue également par un sens du découpage minutieux, culminant lors du dénouement déchirant.

Ces qualités de mise en scène n’expliquent pas tout. Si Elle et Lui reste encore aujourd’hui un modèle de mélodrame hollywoodien, il le doit à son couple d’interprètes inoubliables. La belle Terry tient tête au playboy. Il se met à nu en lui présentant sa vieille tante Janou et en évoquant son art, la peinture. Le vernis superficiel de l’homme public craque pour dévoiler une figure fragile. Les deux amants veulent croire à leur bonne étoile: il décide de peintre à nouveau, elle devient l’égérie d’un cabaret.

Evidemment rien ne serait aussi beau si le destin ne s’invitait cruellement à la noce. Séparés, les personnages se retrouvent au théâtre mais quelque chose a changé. Nickie feint l’indifférence, Terry honteuse, veut cacher son handicap. Inutile de préciser que Deborah Kerr et Cary Grant sont époustouflants, surtout lui quand il retourne sur les hauteurs de Villefranche où résidait sa tante. Quelque chose a disparue, quelque chose manque mais le destin par le biais d’un tableau saura réunir ces personnages qui même brisés n’ont pas renoncé à s’aimer. Le plus beau mélodrame du monde.

A Isabelle Einbinder, parce qu'avec toi, c'est tous les jours la Saint-Valentin !
J.H.D. 

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