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Très bien merci de Emmanuelle Cuau
Avec : Gilbert Melki, Sandrine Kiberlain, Olivier Cruveiller, Christophe Odent

Grosse fatigue

Métro boulot, dodo. Le morne quotidien d’Alex, comptable d’une petite entreprise parisienne se répète inlassablement mais déraille progressivement. Surpris en train de fumer dans l’enceinte du métro, il écope d’une amende. Au bureau, son patron lui demande d’éplucher les notes de frais de certains de ses collègues. Puis vient la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Alex assiste à un contrôle d’identité sur la voie publique. Il proteste silencieusement et se retrouve au poste puis interné en hôpital psychiatrique après avoir demandé de nouveau des explications…

Emmanuelle Cuau raconte le malaise d’une partie de la population française. Ses héros, des citoyens ordinaires font face à une inquiétante machinerie administrative capable de les broyer en quelques jours. Personne ne veut vous écouter et toutes les portes se referment sur vous dans un esprit qui rappelle l’œuvre paranoïaque de Kafka. Arrêté arbitrairement, envoyé en maison de repos, Alex perd son boulot mais peut quant même compter sur le soutien de sa femme et de son meilleur ami.

La cinéaste sonde le mal-être de personnages tenaillés par la peur du chômage et de la précarité. Ils sont obligés de se compromettre pour garder leur place dans le corps social (Alex doit dénoncer un fraudeur caché dans son entreprise) ou sont tourmentés par d’autres individus. Dans le rôle de Béatrice, Sandrine Kiberlain incarne une femme chauffeur de taxi courageuse dans la mesure où elle doit sans cesse composer avec les caprices sinon l’agressivité de ses clients rois.

Emmanuelle Cuau tire le meilleur parti de chaque situation. Entre dame social, comédie et fantastique, le film se construit petit à petit et résonne comme une terrible fable politique d’autant plus que la cinéaste n’a pas besoin de forcer le trait. Fatigués, ses héros n’ont pas d’autre choix que de se plier au cynisme ambiant dans une pirouette finale réjouissante mais glaçante, le véritable malaise d’un film qui dit beaucoup de choses sur la France d’aujourd’hui.
J.H.D. 

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