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4 mois, 3 semaines, 2 jours de Cristian Mungiu
Avec : Anamaria Marinca, Laura Vasiliu, Vlad Ivanov, Alex Potocean

Roumanie, 1987. Gabita tombe enceinte. Gabita n’a pas les moyens de garder l’enfant. Gabita doit avorter clandestinement et faute d’argent doit se tourner vers un certain Monsieur Bebe. A ce moment, le spectateur a déjà compris que tout va mal se passer et ce malgré la présence d’Ottila, la meilleure amie de Gabita.

Cristian Mungiu commence ainsi sa démonstration édifiante. L’ère Ceaucescu ne laisse aucune chance à ses héroïnes. Rien ne leur est épargné dans ce film qui se complaît dans un sinistre misérabilisme : dortoirs vétustes, ruelles sombres, automobiles d’un autre âge, mines patibulaires, un quotidien qu’il faut sans cesse négocier. Le réalisateur charge la barque et son film perd toute crédibilité et surtout tout didactisme.

Mais il y a plus problématique avec le traitement du problème de l’avortement. 4 mois, 3 semaines, 2 jours contient en effet quelques plans discutables que les associations opposées à l’avortement sauront utiliser pour relayer leur propagande. Cristian Mungiu n’est certes pas un idéologue mais il commet de lourdes maladresses avec notamment ce plan affreux et inutile sur le fœtus de Gabita d’où émerge l’absence d’ambition d’une mise en scène tape à l’œil.

De toute façon, le récit ne fonctionne guère. Gabita commet trop d’erreurs et la mise en scène l’accable. Elle ne parvient pas à réserver la bonne chambre d’hôtel et ment délibérément sur sa grossesse. Ecrasées par la mise en scène, les deux héroïnes peinent à exister à l’écran. La scène du repas chez les parents du copain d’Ottila sonne faux, la dispute apparaît fabriquée de toute pièce, le jeu des acteurs complètement superficiel mais à ce stade, cela n’a guère plus d’importance. Cela fait déjà une bonne heure que l’on a cessé de croire aux images de Cristian Mungiu.
J.H.D. 

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