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l'Anglaise et le duc de Eric Rohmer
Avec : Lucy Russell, Jean Claude Dreyfuss, Rosette, Alain Libolt, Charlotte Véry, Marie Rivière
Basé sur la correspondance de Grace Elliott, le dernier film d'Eric Rohmer décrit les évènements sanglants de la Révolution Française à travers l'amitié entre le duc d'Orléans et une aristocrate ultra royaliste qui fut sa maîtresse.

Audacieux et ambitieux, L'anglaise et le duc surprend. D'un point de vue formel, il s'agit d'un émerveillement constant. Rohmer filme à part les acteurs et les insère dans des décors ou des arrières plans constitués par des peintures d'époque. Malgré les limites d'un tel procédé, force est de constater que cela donne beaucoup plus de vie à l'intrigue qu'une reconstitution classique. La direction des acteurs, tous excellents est alors cruciale pour permettre au film de dépasser le cadre du théâtre filmé, ce qui n'était pas gagné d'avance aux vues des technologies employées. En effet, il y a tout un travail pour placer les comédiens et utiliser au mieux les décors en trompe l'œil. Cependant, on peut affirmer sans trop se tromper que Rohmer réussit là pleinement son pari tant l'ensemble apparaît fluide et agréable.

Néanmoins, sur le fond, le film déçoit beaucoup car il demeure extrêmement réactionnaire dans son propos. Le cinéma, dans son ensemble se montre très rarement favorable à la Révolution Française et le fait qu'elle soit observée ici par une aristocrate anglaise n'arrange pas les choses. Il n'empêche que l'on ressent une certaine forme d 'élitisme tant Rohmer s'efforce de prouver que le bon peuple est incapable de gérer la Révolution. Surtout, il n'y pas vraiment d'examen des faits historiques, le réalisateur ne dépassant pas le cadre de la peur que suscite les évènements chez son héroïne.

Il en résulte donc une œuvre extremement manichéenne ce qui est fort dommage car avec le jeu subtil des comédiens, la toile de leurs relations d'amour et de trahisons, il y avait là matière à réaliser un film exceptionnel. Néanmoins, pour peu que vous soyez indulgents avec l'idéologie dominante du film, il y a fort à parier que vous tombiez sous le charme de ce singulier objet de cinéma.
J.H.D. 

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