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Bully de Larry Clark
Avec : Brad Rendro, Rachel Miner, Nick Stahl, Bijou Phillips, Michael Pitt
Inspiré d'un fait divers, Bully raconte comment une bande d'adolescents a commis le meurtre du plus violent d'entre eux, Bobby Kent. Le film se découpe en trois parties, à savoir une longue exposition, les préparatifs et le déroulement du meurtre puis l'enquête qui en résulte...

Le Bruit et la Fureur

Dès les premières minutes, Larry Clark donne le ton. Ses jeunes héros n'ont plus aucun repères, tout n'est ici qu' une " question d'attitude ". Sexe, drogue et violence, le film se complaît quelque peu dans le glauque et le malsain et perd pas mal de forces (avec deux viols, Bobby encoure au moins 40 ans de prison ce qui revient presque à une condamnation à mort...). Sevrés de jeux vidéos violents, de musique rap aggressives et de show télévisuels stupides, les adolescents qui vivent dans un monde imaginaire, un simulacre de réalité, dénaturent petit à petit les fondements de l'individu jusqu'à le nier. Amour, travail puis mort et vie, ils se convainquent de la nécessité de tuer Bobby en ce sens où il s'agit d'un acte normal (un film, un jeu?)dont ils se révèlent incapables de prévoir les conséquences. Le véritable talent de Larry Clark consiste alors à rendre le propos le plus réaliste possible, à obtenir le jeu le plus naturel possible de la part des jeunes comédiens. Dans cette optique, la scène du meurtre impressionne, non par sa sauvagerie mais par son réalisme cru, accentué par la mise en scène qui se concentre sur les gestes des adolescents (par exemple le long mouvement de bras de Marty quand il porte son coup de couteau ou celui de Donny quand il achève la victime...).

Tandis que j'agonise...

Dans Bully, Larry Clark semble montrer que la dérive de ces jeunes semble aussi résulter de la non implication de leurs parents dans leur éducation. Ce n'est donc pas un hasard si le retour à un ordre moral et judiciaire passe par le retour des parents au premier plan, comme pour mieux marquer la fin de la récréation. En somme, un réveil difficile pour clore un film construit en cauchemar éveillé particulièrement efficace.
J.H.D. 

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