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Un Homme d'exception de Ron Howard
Avec : Russell Crowe, Jennifer Connelly, Ed Harris, Paul Bettany, Adam Goldberg
Solitaire et replié sur lui, John Nash Jr intègre la prestigieuse université de Princeton en 1947. Après quelques mois de travaux, il met au point une célèbre théorie des jeux qui lui permet une étude précise des marchés financiers. Célèbre, le mathématicien intéresse les autorités pour ses capacités de calculs et de décodage. Il accepte une mission confidentielle qui consiste à déchiffrer dans la presse, les indices relatifs à une imminente attaque nucléaire dirigée contre les Etats Unis. Bientôt, au détriment de son mariage, son travail tourne à l'obsession, d'autant plus que John se dit menacé par des espions russes qui cherchent à l'éliminer…

Entre réel et imaginaire.

Avec Un Homme d'exception, Ron Howard tente le pari fou de raconter ce qui n'existe pas, et le résultat fascine. On pourrait reprocher au film de réduire la personnalité du héros en occultant son antisémitisme et surtout son homosexualité (forcément lié à sa folie) pour se concentrer sur sa relation avec Alicia. Par contre le procédé cinématographique mis en œuvre par Ron Howard pour décrire la folie du héros, se révèle d'une efficacité redoutable. Le réalisateur distille un savant équilibre entre réel et imaginaire, une sorte de flottement qui happe littéralement le spectateur.

Mais le film ne peut convaincre qu'avec ses acteurs. Russell Crowe porte le film sur ses épaules, cabotinant le moins possible et jouant John Nash avec beaucoup de conviction (il faut le voir résoudre des équations sur les fenêtres !). De son côté, Jennifer Connelly irradie la pellicule à chacune de ses apparitions tandis que Ed Harris se montre particulièrement ambigu dans le rôle d'un mystérieux agent secret.

Le spectateur attentif peut aussi déceler dans Un Homme d'exception, une sorte d'histoire contemporaine de l'Amérique, terrorisée par ses vieux démons comme le maccarthysme. La quête du héros, celle de la reconnaissance et d'une place dans la société reste aussi un thème très américain. Enfin plus subtilement, apparaît en filigrane, la description d'une Amérique paranoïaque qui finit par se créer ses propres ennemis.

Malheureusement, Ron Howard cède progressivement à la facilité avec une fin expédiée en vingt minutes, mais malgré la grosse machine hollywoodienne sous jacente, Un Homme d'exception sait se montrer suffisamment déroutant, passionnant et touchant pour retenir l'attention du public. Un grand film bien plus subtil qu'il n'y paraît.
J.H.D. 

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