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Le Film Décrypté : A bout de Souffle de Jean Luc Godard
Avec : Jean Paul Belmondo, Jean Seberg, Henri-Jacques Huet, Daniel Boulanger, Roger Hanin
Le point de non retour.

Que raconte A bout de Souffle ? L’histoire d’un jeune truand, Michel Poiccard qui remonte sur Paris pour récupérer une forte somme d’argent. Suite à un contrôle de police inopiné, il abat froidement un motard et s’enfuit dans un véhicule volé. Une fois arrivé dans la capitale, il retrouve la femme qu’il aime, Patricia, une jeune américaine étudiant le journalisme. Mais l’étau policier se resserre autour d’eux…

En 1959, Jean Luc Godard s’est déjà fait remarqué par quelques courts métrages et des articles publiés dans les Cahiers du Cinéma. Mais avec A bout de Souffle, il livre une œuvre qui va marquer durablement le cinéma et ses codes, à commencer par la narration. Le réalisateur s’inspire des films noirs américains mais il s’intéresse avant tout aux moyens de filmer son histoire plutôt qu’à l’histoire elle même. D’où d’incroyables séquences en rupture apparente avec l’intrigue où les personnages dissertent sur la vie, l’amour, la société. Godard réalisateur invente un nouveau genre, le film de Godard !

Mais, c’est justement parce que l’intrigue passe au second plan que le film fascine. Caméra à l’épaule, Godard suit la fuite en avant du personnage incarné par Jean Paul Belmondo. Le présent ne suffit plus à Michel Poissard ; les voitures doivent être utiliser pour rouler toujours plus vite et il rend à Patricia le New York Herald Tribune parce qu’il ne contient pas l’horoscope, le futur. Surtout le réalisateur filme sans contraintes. La caméra libre de tout mouvement trouve dans ce Paris de la fin des années 50, un formidable terrain d’expérimentation. Signalons par exemple cette surprenante scène dans un grand café parisien. Patricia retrouve un journaliste de New York Herald Tribune puis ils quittent l’établissement en descendant un long escalier en colimaçon. La caméra tourne autour d’eux avant d’effectuer un raccord surprenant sur Jean Paul Belmondo qui caché derrière l’escalier, les espionnait.

Peu importe la fin attendue, A bout de Souffle démontre une capacité à saisir les personnages dans l’instant assez déconcertante. Bourré d’idées de mise en scène, il s’agit d’un film majeur de l’histoire du septième art. La même année, sort sur les écrans français Les 400 Coups d’un certain François Truffaut (auteur du scénario de About de Souffle). La Nouvelle Vague est en marche…
J.H.D. 

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