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Le Film Décrypté: Les Lumières de la Ville de Charlie Chaplin
Avec : Charlie Chaplin, Harry Myers, Virginia Cherrill, Florence Lee, Alan Garcia
Life worth living !

Les Lumières de la Ville apparaît sur les écrans à un moment particulièrement crucial de l’industrie cinématographique. En effet, la crise économique touche durement le pays, les faillites et les sans abris se multipliens. Surtout, le film parlant commence à prendre son essor. Pourtant, Charlie Chaplin y reste farouchement opposé, persuadé que la parole n’apporte rien. Avec ce nouveau film, il va porter à leur quintessence les notions de jeux d’acteurs et d’expressions corporels…

Le film met une fois de plus en scène le célèbre clochard incarné par Charlie Chaplin. Il se prend d’amitié pour une jeune vendeuse de fleurs aveugle à qui il aimerait bien rendre la vie plus facile. Il se lie aussi avec un milliardaire dépressif qu’il sauve de la noyade, convaincu que la vie mérite d’être vécu (Life worth living). Le clochard pense pouvoir demander le concours du milliardaire pour aider la jeune aveugle mais il n’y parvient pas. Il décide alors de chercher du travail pour payer l’opération qui pourrait lui rendre la vue…

Ce qui frappe tout de suite dans le film, c’est sa capacité à donner une image juste des errements de l’époque entre inégalités sociales et delirum tremens accentué. L’amitié entre le clochard et le milliardaire en constitue le parfait reflet puisque le second rejette systématiquement le premier quand il n’est pas ivre ! Charlie Chaplin ne ménage pas ses pairs. La séquence d’ouverture met en scène l’inauguration d’une statue immonde baptisée Prospérité et Modernité, une bonne occasion de se payer les films parlants. En effet, au cours de cette scène, le discours rendu par un haut parleur prend une tonalité des plus parodique. Beaucoup d’autres voix se retrouvent travesties de cette manière au cours du film.

Mais l’intérêt du film réside essentiellement dans sa capacité à susciter le rire sans recours à la parole. Le comique de situation, les gags révèlent un talent et des trésors d’inventivité qui explose lors de séquence d’anthologie comme la virée dans un dîner-dansant ou lors du combat de boxe. Charlie Chaplin invente un véritable langage du corps, avec en point culminant le final qui marque les retrouvailles de la jeune vendeuse (après son opération) et du clochard. Elle commence par se moquer de lui avant de comprendre en touchant sa main qui il est vraiment. Un note d’optimisme bienvenue pour clore un des plus beaux films de l’histoire du cinéma.
J.H.D. 

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