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La Vie Nouvelle de Philippe Grandrieux
Avec : Anna Mouglalis, Zach Knighton, Marc Barbé, Zsolt Nagy, Raoul Dantec
Commençons par le scénario. Seymour et Roscoe arrivent dans une mystérieuse capitale d’Europe de l’est. Ils se livrent à un trafic d’êtres humains qu’ils sont venus négocier. A cette occasion, Seymour rencontre dans un bar, Melania, une prostituée dont il tombe immédiatement amoureux. Il décide de l’acheter a son proxénète, malgré un prix très élevé, la trahison de Roscoe…

Somme de sensations, de variations de lumières, de sons non identifiés, le second film de Philippe Grandrieux constitue par ses partis pris une expérience unique mais pas un film. Le réalisateur choisit délibérément de ne donner aucun repère aux spectateurs. Conséquence le film ne démarre jamais, à moins de se sentir happé par l’atmosphère malsaine du film (on y revient plus loin). Un film devrait être un point de rencontre entre un réalisateur et son public auquel il donne un minimum d’informations comme David Lynch dans Mulholland Drive, ce n’est pas le cas ici.

Mais la Vie Nouvelle énerve encore plus par sa prétention. Le film évoque une multitude de thèmes hérités du fantastique - les peurs enfantines, l’animalité, la folie… – sans aucun brio. A cet égard, la scène ou Roscoe se fait mordre par les chiens se révèle très instructive. Grandrieux la filme de loin mais se permet un gros plan débile et inutile sur les chiens en train de tenir le cadavre de la victime, un effet gratuit qui n’apporte rien sauf la prétention de choquer le bourgeois. On préféra revoir la mort nettement plus atroce et imprévisible de l’aveugle dans L’Au delà de Lucio Fulci, un cinéaste chez qui la représentation de la violence n’est pas vaine.

La Vie Nouvelle joue en fait une surenchère qui détruit le film. Multitude de sons assourdissants, caméra virevoltant que l’on dirait tenue par un autiste, répétition de motifs crispants, traitements humiliants infligés à l’actrice principale, censure (un pénis est pixélisé !), le film fait tout son possible pour se rendre désagréable. Face à un tel déferlement, le spectateur a le choix entre fermer les yeux ou quitter la salle, c’est dire l’intérêt d’un tel spectacle.
J.H.D. 

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