sommaire cinéma
@ chroniques de films
articles

Inscrivez-vous à la newsletter PurJus

chroniques cinéma


Aram de Robert Kéchichian
Avec : Simon Abkarian, Lubna Azabal, Mathieu Demy, Serge Avédikian, Isabelle Sadoyan
Aram sonne comme un pari : réaliser un film d'espionnage en DV. Aram sonne également comme une invitation au voyage en Orient. Et de fait, ce film est un incroyable périple. Pourtant l'action se passe en France. Mais le fait d'avoir construit l'intrigue autour des relations des communautés turque, kurde et arménienne en France fait pénétrer le spectateur non-initié dans un univers insoupçonné.

1993, Légon jeune français d'origine arménienne (Mathieu Demy étonnant) commet un attentat contre un haut dignitaire turque. Cet attentat tourne mal et Lévon est grièvement blessé. Son frère Aram (Simon Abkarian), combattant de la cause arménienne n'a rien pu faire pour empêcher Légon de commettre cet attentat. Il disparaît.

2002, la famille est meurtrie; Lévon est resté tétraplégique, Aram est renié par son père qui le tient responsable de l'état de Lévon, et Méliné, leur sœur, est sur le point de se marier. Aram rentre en France pour aider les activistes arméniens. Il se replonge dans son passé, tente de renouer avec sa famille et règle ses comptes avec Talaat, membre des services secrets turques. Revenu d'entre les morts, Aram est en quête de rédemption.

Une manière de filmer sèche, un usage intelligent de la DV font d'Aram l'une des grandes réussites de la fin de l'année. Robert Kéchichian, réalisateur patenté de deuxièmes équipes comme sur Astérix et Obelix : Mission Cléopatre et sur Taxi 2, livre un film hommage à son père, à ses origines, au film noir. Ce film rappelle beaucoup le choc que fut Little Odessa de James Gray en son temps, avec cette manière si particulière de décrire l'atmosphère des communautés (russe dans Little Odessa et arménienne dans Aram), et également une façon de filmer à plat, avec retenu. Ainsi, le film n'est accompagné que d'une légère musique, arménienne contribuant encore plus à créer le décalage culturel.

Nerveux, rythmé, poétique, le double face à face du film, père/fils; Aram/Talaat est sobre mais captivant. Servi par un casting astucieux, les personnages possèdent une réelle profondeur psychologique.

Un film d'une grande qualité, d'autant plus que Kéchichian utilise brillamment les possibilités que lui offre la DV. L'action n'est jamais confuse, bien découpée; Aram gagne en crédibilité ce qu'il perd en grandiloquence. Aram est un film rare, donc indispensable. Pari réussi.
G.P.L. 

< autres chroniques



Copyright 2000-2017 PurJus.net - <redac [AT] purjus [POINT] net> [*]
([*] veuillez supprimer les espaces pour former l'adresse mail réelle, merci -
ceci est fait pour lutter contre les collecteurs automatiques d'emails -
anti-spam)