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Fulltime Killer de Johnie To
Avec : Andy Lau, Takashi Sorimachi, Kelly Lin, Simon Yam, Cherrie Ying
Jules et Jim asiatique.

Johnny To (The mission) est un réalisateur rare. Il possède une dextérité technique hors du commun, maîtrisant parfaitement les possibilités offertes par la technologie moderne il nous entraîne malgré nous dans un ballet de gunfights et d'action. L'intrigue est construite autour d'un ménage à trois, Ono (Takeshi Sorimachi ) est tueur à gage, le meilleur, Tok (Andy Lau, une star du cinéma Hong-kongais) rêve de devenir le meilleur et pour ce faire accepte les missions réputées les plus difficiles, et les réussit même quand son commanditaire essaye de le piéger. A la manière de la série Amicalement Vôtre, les deux hommes sont différents, Ono est japonais, impassible, discret à l'extrême et voyeur. Tok, son challenger est chinois, gouailleur, en manque de reconnaissance et faisant tout pour être reconnu. La rivalité entre les deux hommes se cristallise autour d'une femme, Chin, banale employée de vidéo-club, dont ils sont tous deux amoureux. Sur fond d'enquête policière, les deux hommes règlent leurs comptes.

L'intrigue est classique et rappelle l'âge d'or des westerns et du tireur le plus rapide l'Ouest ou plus récemment le film Assasins (sur un scénario des frères Wachowski). Cependant derrière ce classicisme, Johnny To, l'homme à la caméra virevoltante, offre un spectacle total reflétant parfaitement la vitalité du cinéma hong-kongais contemporain qui sera à coup sûr une source d'inspiration incontournable des futurs succès occidentaux. Les frères Wachowski ou Christophe Gans par exemple n’hésitent pas à s’inspirer des mouvements de caméra et du style hong-kongais pour donner un look novateur à leurs films. Il est par ailleurs intéressant de souligner l'intelligence de Johnny To qui n'hésite pas, sous forme de clin d'œil sarcastique, à renvoyer aux grands succès du cinéma d'action américain dans certaines de scènes d'action de son film.

Le deuxième intérêt de Fulltime Killer, outre sa maîtrise technique, réside dans la figure du héros. Les deux tueurs à gage ne possèdent aucune des qualités types des héros dans l'imagerie hollywoodienne, ce qui rend l'issue du film incertaine. Un tel choix narratif s'avère le plus souvent risqué, le spectateur dans l'incapacité de prendre parti pour l'un des protagonistes de l'histoire et donc de s'identifier, peut ne pas se sentir concerné par le déroulement de l'intrigue. Afin de figurer ce dilemme, Johnny To distancie son propos et utilise une tierce partie : le policier/écrivain qui à l'image des spectateurs ne sait qui choisir entre O et Tok.

Toutefois, poussé dans ses derniers retranchements Johnny To, dans une fin prévisible, est contraint de choisir entre les deux hommes. Le réalisateur ne conduit pas sa réflexion à son terme et laisse un désagréable sentiment de facilité au spectateur. Par ailleurs, le plaisir que le spectateur peut éprouver en regardant ce film est également terni par une deuxième partie explicative plus faible et par une troisième partie onirique manquant de rythme et vaguement auteurisante (cf la métaphore du feu d'artifice). Ce déséquilibre nuit à l'ensemble du film même si il n'en demeure pas moins une œuvre intéressante.
G.P.L. 

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