sommaire cinéma
@ chroniques de films
articles

Inscrivez-vous à la newsletter PurJus

chroniques cinéma


Un Monde presque paisible de Michel Deville
Avec : Simon Abkarian, Zabou Breitman, Vincent Elbaz, Lubna Azabal, Julie Gayet, Clotilde Coureau, Stanislas Merhar, Malek Zidi
Après la guerre.

Paris 1946. La vie s'organise de nouveau dans un atelier de confection situé dans le quartier des tailleurs juifs.
Décidé à reprendre ses activités, Monsieur Albert engage dans son équipe Maurice et Joseph. Ils font bientôt la connaissance des autres travailleurs de l'atelier, Léa, Léon, Madame Andrée, Charles, autant de figures torturées et animées par la volonté de redonner une sens à une existence brisée par la guerre.

Michel Deville signe ici l'adaptation d'un roman de Robert Bober, Quoi de neuf sur la guerre ?. Son film se démarque par le sujet qu'il traite, l'après guerre par rapport à l'Occupation, et par la distance qui sépare le metteur en scène de son sujet, un atout car Michel Deville évite de s'approprier l'oeuvre de Richard Bober pour délivrer un message discutable comme Gérard Jugnot ou de Bertrand Tavernier. Mais cette distance nuit quelque peu au film par quelques plans étrangement inhabités comme les photos montages.

En revanche, la mise en scène reconstitue à merveille l'univers de Robert Bober, notamment cette envie de vivre malgré l'horreur. Avec beaucoup de sensiilité, Michel Deville compose une galerie de personnages touchants dans leur tentative de se reconstruire. La guerre tient en effet encore le rôle principal. Elle est l'élément central autour duquel tout s'organise comme la vocation de Joseph, les bons mots de Léon, jeux de mots qui pourraient passer pour parfaitement douteux s'ils ne traduisaient pas que les héros n'ont pas encore conscience de l'horreur à laquelle ils ont échappé. Comment recommencer à vivre après la guerre, tel est la question auquel le film tente d'apporter des réponses.

Au fond de l'atelier, un personnage attire l'attention. Il s'agit de Charles dont la femme et les enfants ne sont pas revenus des camps. Il guette leur retour dans une attente interminable où se lit toute la souffrance et la peur qui ont brisé sa vie. Il finit par refuser les avances de Léa au cours d'une scène poignante. Charles sait qu'accepter consiste à accepter la mort de ses proches. Assurement le personnage le plus complexe du film, le révélateur des enjeux qui traversent cette oeuvre magnifique.

A Lily et Ernest Dohan
J.H.D. 

< autres chroniques



Copyright 2000-2017 PurJus.net - <redac [AT] purjus [POINT] net> [*]
([*] veuillez supprimer les espaces pour former l'adresse mail réelle, merci -
ceci est fait pour lutter contre les collecteurs automatiques d'emails -
anti-spam)