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Gangs of New York de Martin Scorsese
Avec : Leonardo DiCaprio, Daniel Day-Lewis, Cameron Diaz, Liam Neeson, Brendan Gleeson
Le coup de poing du petit bonhomme de Little Italy…

Le film tant attendu de la légende vivante new-yorkaise fait pourtant très peur au début car il peut passer du meilleur à la très mauvaise surprise. Le meilleur pour la séquence d’ouverture : Père Vallon et son fils, un combat en préparation, de la musique celtique pas désagréable, et une déambulation dans des couloirs labyrinthiques qui ressemble plus à une sortie des enfers qu’à celle d’une vieille brasserie. Bref, une mise en bouche on ne peut plus alléchante. Le pire cinq minutes après : le spectateur assiste à une bataille urbaine d’une incroyable laideur avec des ralentis inutiles et une musique techno-rock. Un résultat indigne du réalisateur de Taxi Driver,Raging Bull ou Goodfellas et du compositeur Howard Shore (Silence of the Lambs, Se7en, eXistenZ…)

Mais il faut passer outre cette scène et tout ce qu’on a entendu sur ce film (les rumeurs concernant les conflits entre Scorcese et les frères Weinstein, le casting a priori pas très scorcesien…) car Gangs of NewYork est un grand film. L’histoire est simple et compliquée : 1846, après qu’il ait assisté à la mort de son père par Bill Cutting dit The Butcher (immense Daniel Day-Lewis), Amsterdam Vallon (Leo) revient dans le quartier des Five Points pour venger la mort de son paternel en infiltrant le gang de son assassin. Va-t-il arriver à ses fins ? Reformer le gang de son père ? Le contexte politique de l’Amérique de 1862 n’annonce-t-il pas un mauvais présage ?

A l’aide de ces tissus narratifs, les scénaristes ont confectionné moins un film d’époque qu’une authentique tragédie. Gangs of New York a en effet beaucoup plus de points communs avec Casino qu’avec Le Temps de l’Innocence dont le principal étant d’intégrer un groupe d’individus dans un contexte socio-historique qui le dépasse. La présence de DiCaprio dans le casting rappelle inévitablement Titanic mais c’est une erreur car il ne s’agit pas de fusion. Amsterdam, Jenny et Bill excluent au contraire l’Histoire pour accomplir la leur en ayant recours à l’usage du masque, du travestissement ou bien à la force brut. Ce sont des personnages typiquement scorcesiens : obsessionnels, n’ayant cure des mouvements extérieurs du monde et pas romantiques pour un rond (cf. les deux scènes « chaudes » entre Amsterdam et Jenny). Bill a pourtant un petit plus par rapport à ses deux voisins : il est le seul à avoir un projet pour l’Amérique aussi monstrueux soit-il (c’est un homme barbare et raciste). En voulant donner corps à ce projet, il ne verra pas l’Histoire en marche qui le lui rendra bien. Quant à Amsterdam, il ne pourra pas endosser le rôle de Saint-Michel chassant Bill/Satan des Five Points, rejouer la scène primitive qui l’a rendu orphelin. L’Histoire n’a plus besoin d’eux. Et morts ou pas, ils payent tous leur aveuglement au monde.

Gangs of New York rappelle beaucoup de films mais ne ressemble qu’à son auteur, alors allez-le voir rien que pour effacer l’accueil détestable de Bringing out the dead.
J.F. 

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