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Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg
Avec : Leonardo di Caprio, Tom Hawks, Nathalie Baye, Christopher Walker, Martin Sheen, Amy Adams
Le titre du film, Arrête-moi si tu peux, sonne comme un défi que Steven Spielberg lance aux spectateurs, aux critiques et à l'industrie du cinéma dans son ensemble. Frank Abagnale Jr. (Leonardo Di Caprio) vient de fêter ses 16 ans dans l'Amérique des années 60, il vit dans la grande banlieue de New-York avec son père (Christopher Walken) vétéran de la deuxième guerre mondiale et sa mère Paula (Nathalie Baye), française ramenée dans ses bagages par Frank Sr. Le divorce de ses parents pousse Frank à fuguer. A compter de ce moment, la vie de Frank s'emballe, devenant escroc et faussaire hors pair pour profiter de tous les plaisirs de la vie, il entame une longue partie de cache-cache avec l'agent Hanratty (Tom Hanks) du FBI qui verra Frank épouser successivement l'uniforme de pilote de ligne, de médecin pédiatre et d'avocat.

Deux adjectifs viennent en tête à la vision de Arrête-moi si tu peux, le premier adjectif est : Ahurissant! Et le film l'est encore plus lorsque l'on sait que l'histoire de Frank Abagnale est "tirée de faits réels" qui sont au moins aussi rocambolesques que ceux relatés dans le film. Le second est : Fascinant. La fuite en avant de Frank Abagnale ne lasse pas de séduire, tant le spectateur se demande jusqu'où il peut aller et prend fait et cause pour le jeune homme.

Outre le savoir-faire "habituel" de Steven Spielberg (le récit se découpe en trois parties sur trois niveaux temporels différents autour d'une série de flash-backs successifs, la reconstitution est impeccable et la maîtrise technique rigoureuse), le film est doté d'un casting extrêmement performant. La relation quasi-filiale entre Tom Hanks et Leonardo Di Caprio est elle-même très crédible et Di Caprio dans le rôle d'un jeune homme en pleine crise d'adolescence essayant à tout prix de conquérir sa mère et de faire en sorte que son père soit fier de lui est excellent. Le tout étant accompagné d'un bande originale percutante de John Williams (le grand compositeur de la Guerre des étoiles). Rien de neuf sous le soleil donc, mais ce qui est fait est bien fait.

Contrairement à Minority Report, son précédent film, Spielberg dans Arrête-moi si tu peux n'a aucune ambition politique et propose un pur divertissement plutôt consensuel. C'est probablement sur ce terrain que Spielberg est le plus performant. Cependant, ce film n'en est pas moins une œuvre extrêmement personnelle de la part de Spielberg. En effet il est facile de voir dans le personnage de Frank Abagnale l'alter ego de Steven Spielberg, le réalisateur à qui tout réussi mais qui est obligé de se travestir (comprendre : faire les films que les studios réclament) et effacer sa personnalité pour conserver son succès (ses films les plus personnels n'ayant pas eu le succès escompté cf A. I.). Et si Frank Abagnale est en pleine crise d'adolescence, Spielberg en jetant ce titre Arrête-moi si tu peux à la tête de ses contempteurs leur lance, en même temps qu'à lui-même, un formidable défi. Reste à savoir si ce défi n'est que l'ultime bravade d'un réalisateur sur le point de devenir adulte et abandonnant ses rêves d'enfant sur le cinéma ou si c'est au contraire le début d'une nouvelle carrière plus conforme aux aspiration de Spielberg. L'avenir nous le dira, même si beaucoup d'indices laissent penser qu'il ne faudrait peut être pas être trop optimiste…
G.P.L. 

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