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Les Harmonies Werckmeister de Bela Tarr
Avec : Peter Fritz, Lars Rudolph, Hanna Schygulla, Janos Derzsi, Djoko Rosic
La théorie du chaos

Un jeune homme pénètre dans un café à l’heure de la fermeture. Il entraîne des clients ivres dans une valse métaphysique où ils jouent chacun le rôle d’une planète jusqu’à l’éclipse, le point de rupture avant un nouveau départ. D’emblée le film de Bela Tarr affiche ses ambitions. Le cinéaste s’interroge sur le chaos du monde et surtout sur la société qui peut en découler. L’action du film se situe dans une petite ville d’Europe centrale. Valushka, un postier idéaliste, le jeune homme de la séquence d’ouverture, assiste impuissant à la montée des extrémismes, la colère des masses et la réaction des nantis autour de l’organisation d’un nouvel ordre aux consonnances fascistes.

Bela Tarr orchestre la montée du chaos en de longs plans séquences vertigineux. Rehaussés par un noir et blanc de toute beauté, les compositions du réalisateur surprennent par la rigueur de leur construction, des travellings aux cadrages en passant par une musique ensorcelante. Le cinéma de Bela Tarr rappelle ainsi fortement celui d’un Fritz Lang, notamment son expresionnisme, dans sa mise en scène des foules en colères (Metropolis) manipulées par d’inquiétants démagogues, sans compter le travail apporté à la bande sonore (M Le Maudit). Vison désespérée d’un monde sans repères capable de basculer à tout moment dans l’horreur (la scène de l’hôpital), Les Harmonies Werkmeister impose un regard original et fascinant sur le réel et l’imaginaire collectif.
J.H.D. 

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