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Les Lois de l'attraction de Roger Avary
Avec : James Van Der Beek, Shannyn Sossamon, Ian Somerhalder, Jessica Biel, Clifton Collins Jr.
« Tu ne connaîtras jamais personne… »

Lauren explique en voix-off au spectateur quel aurait été sa « première fois » souhaitée pendant qu’elle se fait violer sous la caméra d’un étudiant en cinéma cinglé. Soudain le défilement du film repart en arrière, c’est sidérant : les gens marchent à l’envers, un bidon de bière sautent dans les mains d’un garçon, et nous voici devant Paul qui nous explique, toujours en voix-off, combien il est dur d’être homosexuel dans l’univers des fraternities, d’ailleurs sa technique de drague pourrait être surnommée « avec perte mais surtout fracas », la marche arrière recommence pour arriver sur Pat…

Le film démarre sur les chapeaux de roues et pose un principe dans cette introduction : on suit un personnage, il nous fait entendre ses pensées, on repart en arrière, jusqu’à un embranchement différent pour aller vers un personnage qu’on avait pas forcément remarqué auparavant. Tout dans le film est une affaire de trajectoires croisées qui cohabitent et parfois se heurtent mais qui ne se rencontrent jamais. La dureté de ce prologue montre aussi une volonté de faire exploser dans la fureur les clichés du gentil campus movie. Mais le film pose aussi une autre question : qu’est ce qui fait une société ? Car ce qui réunit les personnages, ce sont des rites, des lieux théoriquement partagés ou encore des références communes mais le partage est absent : Lauren retrouve son copain mais ce dernier l’a oubliée, une fille se suicide car elle aime Pat (Dawson dans un rôle à contre-emploi) mais lui ne la voit pas. La force du film est de faire ressentir cette non reconnaissance.

Mais le film pêche par un rythme parfois mal équilibré (surtout vers la fin) et d’une tendance que j’appellerais « le plan de trop » (cf. le suicide dans la baignoire). Mais surtout Les lois de l’attraction est à l’origine un livre de Brett Easton Ellis, l’un des écrivains américains contemporains les plus dévastateurs et malheureusement Roger Avary ne parvient pas à retranscrire sur l’écran le dégoût fascinant que l’on retrouve dans l’œuvre d’Ellis. Et la promesse de départ s’achève de manière convenue, presque conformiste. Un comble !
J.F. 

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