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Loin du paradis de Todd Haynes
Avec : Julianne Moore, Dennis Quaid, Dennis Haysbert, Patricia Clarkson, Viola Davis
Loin du compte

Dès le premier plan le ton est donné, un tableau dont les couleurs se fondent dans la réalité se détache de l'écran pour progressivement se métamorphoser en arbre d'automne. En une fraction de seconde le spectateur passe du trompe l'œil à la réalité. Et Loin du Paradis suit cette thématique tout au long du film. Todd Haynes (Safe, Velvet Goldmine) travaille par petites touches de couleurs qui se détachent de la réalité pour nous faire ressentir les états d'âmes des différents personnages d'une manière hyper-réaliste et pour plonger les spectateurs au cœur d'un néo-mélodrame. Reprenant un genre quelque peu délaissé par Hollywood, le mélodrame, Haynes se réapproprie le cinéma de Douglas Sirk et donne à Julianne Moore un rôle fort de femme entre deux âges qu'Hollywood offre rarement à ses anciens sex-symbols tentant de se reconvertir dans le cinéma.
Dans l'Amérique des années cinquante, celle de la ségrégation raciale, Cathy Whitaker (Julianne Moore) s'échine à remplir son rôle de femme au foyer d'une manière exemplaire en étant une épouse dévouée et une mère attentive. Devant le cours de la vie elle sera toutefois obligée de reculer et de sacrifier son propre bonheur à celui des personnes qu'elle aime.

Loin du Paradis rappelle les films de l'âge d'or hollywoodien, ceux de Mankiewicz ou de Minnelli. Un certain savoir-faire y explose et les thèmes choisis par Haynes (le rôle des femmes, l'homosexualité masculine, l'amour inter-racial) auraient probablement choqué dans l'Amérique des années cinquante. Mais voilà, exposés en 2002, et même si ces thèmes conservent une actualité évidente, le traitement de ces thèmes par Haynes sent le réchauffé. Mieux vaut se concentrer sur ce qui fait l'essence du mélodrame et sur ce qui fait que Haynes domine son sujet : la description méticuleuses des réactions de personnages recherchant le bonheur mais se faisant mal sans le vouloir.

Bête de concours (prix de la meilleure actrice et de la meilleure photographie au Festival de Venise, divers récompenses des New York et Los Angeles film critics circle awards) avec des acteurs jouant juste, une équipe technique solide et méticuleuse, Haynes livre une oeuvre fusionnant style et émotion qui ravira les amateurs du genre et les emmènera dans un ballet de couleurs et de sensations. Quant aux autres, ils risquent fort de ne pas se laisser berner par Haynes et se demander si ce ne serait pas simplement les qualités du film qui seraient en trompe l'oeil.
G.P.L. 

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