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Cypher de Vincenzo Natali
Avec : Jeremy Northam, Lucy Liu, Nigel Bennett, Timothy Webber
Avec Vincenzo Natali, tout est question de mathématiques, après Cube et ses nombres premiers, le générique de Cypher est tout en ligne verticales et horizontales qui s'entrechoquent comme pour un clin d'œil au générique du classique d'Alfred Hitchcock La Mort aux trousses. Le film met en scène Morgan Sullivan (Jeremy Northam), un homme ordinaire, marié, sans vice apparent, habitant un gentil pavillon de banlieue en Californie. Il décide de pimenter sa vie en se faisant embaucher chez Digicorp afin d'accomplir pour leur compte des missions d'espionnage industrielle. Il s'invente alors une nouvelle identité pour accomplir au mieux ses missions. Lors d'une conférence il fait connaissance avec la séduisante Rita (Lucy Liu), dès lors l'engrenage s'enclenche et sa vie se dérègle…

Impossible d'en écrire plus tant Cypher est de ces films dont le mystère attise l'intérêt. Une chose est sûre, Natali a frappé fort. Abandonnant son projet Hypercube, qu'il n'a pas pu financé, il s'est battu pour porter à l'écran Cypher. Malgré un budget limité, le savoir-faire de Natali, notamment en matière de découpage, lui permet d'optimiser le moindre dollar investit et de livrer un film dont le budget de 10 millions de dollars apparaît deux fois plus important qu'il n'est réellement.

Mais si Cypher est un film captivant, c'est aussi grâce à son histoire extrêmement bien écrite. Sur le modèle de Cube, Natali reprend des thèmes qu'il a déjà exploré comme le complot ou le contrôle des esprits et joue avec les craintes ancrées dans l'inconscient collectif des habitants des pays occidentaux. Ces deux thèmes se retrouve dans Dark City (Alex Proyas) et même si le traitement est radicalement différent, les deux œuvres partagent le même goût pour l'esthétique expressionniste et les jeux de lumières (Cypher possède une image particulière, tous les plans ont été retravaillés à la palette graphique ce qui donne une photo inédite située dans un environnement atemporel). Mais alors que, malgré ses qualités, le film de Proyas s'effilochait au cours du récit, Cypher reste un film très compact qui ne perd pas en puissance au cours de son développement.

Par ailleurs, la référence à La Mort aux trousses ne se limite pas au générique puisque les deux films traitent habilement de la perte d'identité (dans Cypher Morgan Sullivan se fait passer pour quelqu'un d'autre au détriment de sa propre personnalité et dans le film d'Hitchcock, Cary Grant est constamment pris pour un homme qui n'existe pas).

Même s'il est encore trop tôt pour comparer Natali à Hitchcock, force est de reconnaître que la force de Natali est d'apporter un éclairage novateur à des thèmes pourtant largement rebattus, signe incontestable de l'immense qualité d'un réalisateur unique en son genre. De là à affirmer que Natali a découvert l'équation du succès, il n'y a qu'un pas à franchir…
G.P.L. 

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